15/11/2017

Les Paradise Papers... la goute de trop ?

3472061B-543C-410F-8897-7927C4758798.jpeg*« Paradise Papers pour les uns et précarité pour les autres ! »

Alors qu’on demande à ceux qui ont moins de faire des efforts, ceux qui ont plus voire trop bénéficient de montages financiers type «poupées russes » pour ne pas payer d’impôts. Du moins, pour en payer le moins possible. C’est ce que révèle la dernière affaire dans le domaine de l’évasion fiscale. Celle des « Paradise Papers » qui éclabousse le fonctionnement des sociétés de placements extraterritoriales. Communément, appelées offshore. On est à peine remis de l’onde de choc provoquée par le scandale, l’an dernier, des « Panama Papers » - littéralement en français « documents panaméens » - qu’on est assommé par une nouvelle affaire. Pour rappel, en avril 2016, une fuite provenant du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca permettait la divulgation de 11 millions de documents confidentiels. Détaillant les activités de 214’000 sociétés offshore qui n’ont comme seule finalité que la soustraction fiscale. Les faits remontant déjà jusqu’aux années 1970. On parle même de fraude fiscale et de blanchiment d’argent.
Initialement envoyées au quotidien allemand «Süddeutsche Zeitung » en 2015 les données ont rapidement été partagées avec les rédactions de médias dans plus de 80 pays par l’intermédiaire du consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), basé à Washington. Avec les « Paradise Papers » - fuite de milliers de documents du cabinet d’avocats Appleby - les structures dévoilées ne sont certes pas illégales, dans la plupart des pays concernés, mais l’aléa moral du public en prend un sérieux coup. Comment faire encore confiance à ces leaders de la finance, de l’industrie, du vedettariat ou encore de la politique qui expriment si peu de solidarité avec le bas peuple mais qui s’en servent pourtant allègrement ? On apprend que des membres de l’entourage du président Poutine comme tout l’appareil politique du Premier ministre canadien Justin Trudeau en passant par la reine d’Angleterre emploient eux aussi ces structures. Pour éluder leurs obligations fiscales. Mais aussi des hommes d’affaires, des vedettes du show-business et du sport figurent au nombre des indélicats. On y trouve également des multinationales telles qu’Apple, Facebook, Uber, Twitter, Glencore, Wells Fargo ou encore le groupe Louis-Dreyfus, pour ne mentionner que celles-ci. Un cas flagrant est celui évoqué par le journal « Le Monde » ayant collaboré avec le consortium international des journalistes d’investigations : l’équipementier américain Nike pratique l’optimisation fiscale par une série de montages financiers entre les Pays-Bas et les Bahamas, lui permettant au final de réduire son taux d’imposition à un malheureux 2% sur ses profits réalisés en Europe. Comment de riches clients de la firme française Dassault Aviation achètent leur jet privé par le biais d’une société écran maltaise pour éviter taxes et impôts. Alors que faire ? Selon les calculs effectués pour l’ICIJ et l'économiste français Gabriel Zucman, cette évasion de capitaux des entreprises et des grandes fortunes représente 350 milliards d’euros de pertes fiscales par an aux États du monde entier. Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz clame haut et fort qu’il faudrait pratiquer une tolérance zéro pour ces individus et personnes morales si peu patriotiques. Qui ne font qu’accroître les inégalités sociales. Dans tous les cas, il faut en parler. A l’abri du tort des analyses fondées sur la morale, il s’agit de s’indigner. De maintenir la pression, si on veut que les choses changent !

*Article pour Orbis Terrae 

http://www.orbisterrae.ch/economie_textes_2.htm

10/11/2017

Le deuil...

IMG_5960.JPGQuand le deuil survient dans votre famille vous avez à gérer plusieurs émotions. Du moins, vous le pensez. Vous êtes submergé. La douleur vous frappe. La tristesse vous envahit. En premier lieu, vous réalisez que c'est une partie de vous qui vient de partir. Ce sont des souvenirs qui se mettent à danser dans votre tête, comme dans votre coeur. Surtout, vous réalisez combien c'est une tranche de vie qui vous appartient. Combien le plus profond de votre être est ébranlé. Vous êtes nu. À ce titre, vous vous surprenez à être heurté par une quantité de questions et de réflexions. Certaines peuvent être inavouables. Vous constatez aussi qu'il n'y a pas de manuel. Il peut encore demeurer le diktat coutumier ou populaire sur ce qui est bien et sur ce qui est mal. Mais c'est votre affaire. C'est votre deuil. Et les autres n'ont pas vécu ce que vous avez vécu de bien ou de mal avec le défunt. C'est là que vous saisissez aussi qu'on est tous égaux devant la mort. C'est bien le seul point d'égalité parfaite qui ponctue la condition humaine. Alors que beaucoup trop courent toute leur existence à la recherche de l'égalité la plus parfaite en provoquant heurts et querelles sans réaliser que celle-ci arrivera indéniablement tôt ou tard. Le deuil est probablement le domaine qu'il faut bien se garder de réglementer, d'idéaliser, d'observer, de juger ou même de vouloir maîtriser voire de tenter de contrôler. C'est un nouveau chemin qui vient de s'ouvrir. C'est un saut dans l'inconnu. Ce sont aussi des liens comme des attaches qui disparaissent. C'est autant une libération qu'un vide qui vous envahissent. Ils sont intemporels. Il n'y a pas de normatif qui tienne devant la réalité de la mort. Il n'y a ni espace ni temps établis pour traverser le deuil. C'est intime. C'est personnel. C'est puissant comme cruel. Le libre arbitre demeure. Comment et avec quoi la remplir cette nouvelle vie. C'est une épreuve de plus qui s'ajoute à votre trajectoire. C'est libératoire comme c'est un renouveau. Le cours normal des choses s'impose. Vous venez de gagner quelques marches de plus sur l'échelle de la vie. C'est aussi un rappel. L'échelle en question a une fin.

01/11/2017

On ne joue pas avec le destin des peuples !

IMG_5501.JPG"On ne joue pas avec le destin des peuples !"

Barcelona, novembre 1990, j'avais alors vingt ans, j'exerçais un autre métier. Je passais aussi bien faire le bonjour à la Guardia Urbana (police et police judiciaire de Barcelone) - ici sur la photo avec des inspecteurs - qu'à la police nationale ou chez les Mossos d'Esquadra (police de l'autonomie, aujourd'hui sous tutelle). Tout le monde vivait dans l'harmonie et dans l'enrichissement mutuel. Il n'y a jamais eu d'ethnie catalane mais des peuples habitant la très belle région espagnole de Catalogne. La double culture est une chance. La transition démocratique espagnole fut un succès. Même si toutes les régions d'Espagne ont versé sang et larmes sous le joug du Franquisme. La Catalogne n'a pas plus souffert qu'une autre région. Prétendre le contraire relève le fantasme. Celui-ci est cultivé à des fins politiques. D'acquisition de pouvoir et de privilèges. Aujourd'hui, des politiques et affairistes véreux, corrompus et corrupteurs ont réussi à semer les germes de la haine de l'autre, de la victimisation, du narcissisme, de la perversité, de la division et du racisme. Cette belle région qui bénéficie d'autant de libertés qu'un canton suisse est déchirée. Elle ne subissait pourtant aucune autocratie ni aucune oppression de quiconque. D'Artur Más à Carles Puigdemont ils sont tous aujourd'hui inculpés pour des affaires de malversations et de détournements de fonds publics. Voici la nature des criminels qui jouent avec le destin des peuples. À présent, comment guérir trente ans d'activisme politique, de manipulations et de mensonges ? Ce qui est à craindre, vu la somme de frustrations inégalée de part et autre, c'est le passage à la clandestinité pour certains et même aux violences politiques. Ce que l'on appelle communément le terrorisme. On verra alors naître au centre de l'Europe une nouvelle mouvance terroriste. Elle ne sera pas, cette-fois-ci, de nature islamiste. Elle sera générée par des gosses de riche !