19/03/2018

Manifestation du 18 mars 2018 à Barcelone contre les indépendantistes !

2D45AE50-70E4-4455-8082-3A058C79D9DE.jpegCette manifestation a eu lieu aujourd’hui dimanche 18 mars 2018. Comme pour celle du 4 mars dernier, nos médias n’en parleront pas ! Pourquoi ?

1) Il est question de la majorité catalane qui n’est pas indépendantiste et qui pèse selon les derniers sondages (février 2018) 60 % du corp électoral contre 52 % lors des législatives du 21 décembre 2017;

2) Cela se passe à Barcelone. Mince alors, nos médias occultent volontairement ou par inculture que comme sa voisine Tarragone la capitale catalane ne vote pas Indépendantiste. Pourtant, on s’applique à nous décrire un « match » Barcelone - Madrid;

3) L’autre ennui pour nos médias et leur culture binaire et réductrice voulant toujours opposer un camp clairement défini (celui prétendument du bien) contre l’autre (celui prétendument du mal). Et ils ont récemment consacré de pleines pages aux leaders de l’un des camps, au détriment de l’autre. En pensant, à tort, que le camp élu était représentatif de la majorité et du BIEN. Par ailleurs, deux des individus protagonistes se trouvent aujourd’hui invités à Genève;

4) L’autre biais constaté est celui d’un double fantasme. Comme si, sclérosés dans nos soucis de gosses de riches, nous devions attiser de nouveaux conflits pour gagner de nouvelles sources d’excitations. Le premier fantasme est que Carl Puigdemont et Anna Gabriel sont des révolutionnaires des temps modernes luttant contre un méchant oppresseur monarchiste et fasciste. Cependant, il est sain d’en douter. C’est bien la population catalane que leurs formations politiques respectives ont réussi à diviser ces trente dernières années, par le biais de la victimisation et de la stigmatisation. C’est un problème Catalans vs Catalans. Madrid n’étant que le siège d’un parlement réunissant et représentant les dix-sept autonomies espagnoles. La Catalogne en étant une et indivisible. Le second fantasme est d’alimenter la thèse partagée par le financier et spéculateur George Soros que l’Europe des régions dites républicaines est la solution contre l’oppresseur technocrate centralisateur que serait Bruxelles. Là, une fois encore, dans les faits, il n’en est rien.

50AB16CC-623C-4FF7-9454-387D72488BF7.jpegFinalement, que vont faire nos médias ? Rééquilibrer leur traitement de l’actualité ? Revenir dans l’esprit de la charte de Munich - pierre angulaire du journalisme - encourageant la recherche de la vérité ? Ou poursuivre dans le déni des faits comme c’est encore le cas avec l’élection de Donald Trump en novembre 2016. À force de constructions mentales, trouver mille et une circonstances pour éviter de reconnaître qu’on s’est trompé. Il est notoire, la capacité de remise en question est une force. L’auront-ils ?
Fantasme, quand tu nous tiens...

20/02/2018

La crise catalane présente une grande fragilité pour les marchés financiers.

64D02DA4-760F-49AD-A1AF-EBEB815213AD.jpeg*Évoquée comme surréaliste, par une banque zurichoise, encore ce début d’année, la crise catalane semble avoir atteint un point de non retour. C’est du moins l’avis de l’eurodéputé luxembourgeois Frank Engel que je viens de rencontrer, avec quelques-uns de ses collègues, à Bruxelles, au sein du Parlement européen. Pour lui, le premier ministre espagnol Mariano Rajoy a singulièrement manqué de créativité.

POSITIONS CRISPÉES
Les positions sont crispées. Il y a, aujourd’hui, dans cette autonomie – l’Espagne en compte dix-sept – deux camps: Le premier est celui de l’indépendance. Le second est unioniste. Toutefois, Frank Angel, pour qui l’État nation n’est pas fait pour l’éternité, estime que les séparatistes devraient aussi mettre de l’eau dans leur vin. Leur catalanité est pesante. Elle devient un problème objectif. Elle est synonyme d’isolement et de fermeture. Alors que cinquante-cinq pour cent de la population catalane a l’espagnol comme langue maternelle, les séparatistes exercent toutes sortes de pressions pour empêcher l’enseignement de l’espagnol dans région. Ils réécrivent l’histoire. Ils se plaignent d’oppressions. Ils cultivent le sentiment de victimisation. Ils font miroiter le rêve de plus de prospérité en cas d’indépendance. Ils scandent, comme à l’époque, Mme Tatcher: «L’argent que nous produisons ici il est pour nous!»

DC3A7242-C9BB-4371-9B32-5E98780258D4.jpegDÉLOCALISATION
Pourtant, les grandes entreprises catalanes délocalisent leur siège, les unes après les autres. L’instabilité juridique n’est pas propice aux affaires. L’autonomie s’appauvrit. À cela s’ajoutent les combines. Une quantité importante des deniers publics ont été détournés. Notamment, pour financer la TV3, principale chaîne de télévision de l’autonomie. Aussi, pour produire des spots vidéo de propagande. Sentiment partagé par l’eurodéputé belge Gérard Deprez qui déplore: «On bâtit l’Europe pour dépasser les nationalismes et vous les réalimentez à la racine.» Son collègue français Thierry Cornillet, est catégorique: «Ni la France ni l’Union européenne ne sauraient engager une quelconque discussion avec le gouvernement régional de Catalogne. Nous resterons au niveau de l’État nation. Nous assistons à une crise intestine à l’Espagne qui ne doit être réglée que par cette dernière.» Si il y a bien un domaine dans lequel l’Union européenne n’entend pas même mettre un petit doigt c’est celui des affaires politiques internes de ses membres. Pour sa part, Enrique Calvet Chambon, eurodéputé espagnol et catalan, la situation ne peut se normaliser qu’une fois l’État de droit rétabli. La justice doit passer par là. Le cadre légal doit être restauré et respecté.

4FB0726E-0591-48C3-BF7C-AF709F8693FD.jpegRISQUE DE CONTAGION
Rappelons que nous avons eu affaire à une tentative de sédition. Le risque de contagion angoisse. «L’UE c’est déjà petit en rapport avec ce qui se prépare dans le monde. On ne va pas encore se diviser.» Renchérit Gérard Deprez. Pire encore, des échos de part et d’autres avancent qu’après le Brexit du 23 juin 2016 qui marqua le début de la procédure de divorce entre la Grande- Bretagne et UE, c’est la construction européenne qui serait à nouveau testée. Autant dire qu’un enlisement au milieu de l’Europe aurait un impact autrement plus prolongé pour les marchés financiers que ne l’a eu le Brexit. Il ne serait pas seulement question de la sortie d’un membre faisant passer le nombre de partenaires de 28 à 27 mais d’une profonde déstabilisation au sein même de l’institution. L’élu européen Jean-Marie Cavada est lui aussi inquiet: «Il semble que des indépendantistes n’aient pas refusé l’aide de puissances étrangères, sous des formes diverses (…), certains avancent même un coup de main financier reçu de pays qui n’ont pas intérêt à l’homogénéité de l’UE: tout cela reste maintenant à prouver et si c’était le cas, il faudrait porter ces informations sur la place publique.»

Cela ne manque pas de renvoyer à la lecture de «Global trends: Paradox of Progress». Le rapport du Conseil national du renseignement américain remis à Donald Trump, lors de son entrée en fonctions. Ce document prospectif décline trois scénarios possibles, pour les vingt prochaines années:

Un monde en proie au protectionnisme et à l’isolationnisme;
Un monde dominé par quelques grandes sphères d’influence et blocs régionaux;
Un monde dans lequel les États nations auront moins de pouvoir contrairement aux multinationales, à la société civile, aux dogmes religieux, etc.
A ce titre, Bruxelles vient de voter les budgets, certes modestes, pour contrer les tentatives de déstabilisation. Qu’elles viennent de l’Est comme de partout ailleurs.

*Publié dans le média en ligne allnews, le 20 février 2018

29/01/2018

« Attaque à l’ambulance piégée à Kaboul. »

98D9AE81-DC65-4842-BD33-8567791AAAD1.jpeg*Samedi 27 janvier 2018, une ambulance piégée a fait plus de cent morts et plus de 230 blessés. L’attentat a été revendiqué par les talibans. Ces derniers visaient les bureaux du Ministère de l’intérieur et du chef de la police ainsi que de nombreuses institutions et représentations étrangères.
Deux éléments sont à reprendre, avec cette nouvelle tuerie de masse.
Premièrement, le modus operandi ressemble au pire cauchemar que nous craignons et que nous attendons en Europe. Soit l’utilisation d’un véhicule des secours pour perpétrer un attentat. En particulier, dans les minutes et les heures qui suivraient une première attaque. L’emploi de l’ambulance piégée servirait alors à faire un maximum de victimes parmi les personnels de sécurité et de secours.
Deuxièmement, on ne rappèlera jamais assez qui sont les talibans, d’où ils viennent et qui a créé le monstre. C’est dans la première partie de la décennie 1990 que l’administration démocrate de Bill Clinton décida de mettre sur pied et de financer, avec le concours de l'Arabie Saoudite et du Pakistan, un mouvement dénommé les talibans, avec deux finalité. La priorité est d'éradiquer les mouvements islamistes présents en Afghanistan en instaurant un régime politique implacable et stable. L’Arabie Saoudite étant le modèle. Ensuite, le financement des talibans s'explique également par un intérêt pétrolier. À l’époque, les hydrocarbures de la mer Caspienne et des Etats riverains suscitent les convoitises du consortium américain Unocal. Or cette région d'Asie centrale est enclavée. L'idée sera alors de construire un gazoduc, doublé d'un oléoduc partant du Turkménistan. Il devrait déboucher sur l'océan Indien en passant à travers l'Afghanistan.
Le Pakistan - particulièrement, ses services secrets l’ISI, un état dans l’état - mène double jeux et se moque de l’Oncle Sam. Le très lucratif trafic d’opium attise les convoitises. D’autre part, le Pakistan ne considère pas son voisin afghan comme souverain mais seulement comme son arrière cours qui lui sert de profondeur de champs. Pour conduire sa guerre au Cachemire et pour abriter ses opérations de déstabilisation comme entretenir ses trafics illicites. Pour cela, tout ce qui peut constituer un affranchissement ou un embryon d’institution, d’ADN à un État de droit, voire le ciment d’une nation et d’une culture une et indivisible doit être détruit, selon l’idéologie talibane-pakistanaise.

*Texte initialement publié sur la page Facebook « Les Libéraux. »