19/05/2015

Le nouvel impôt sur les successions... une initiative de trop !

 

IMG_7526.jpgLe 14 juin prochain, le souverain se prononcera sur l’initiative « Imposer les successions de plusieurs millions pour financer notre AVS ». Le texte déposé le 15 février 2013 par le Parti socialiste (PS), les Verts, le Parti évangélique (PEV), le Parti chrétien-social et l’Union syndicale suisse met en péril des dizaines de milliers d’entreprises et d’emplois selon la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI). Sans pour autant résoudre le problème épineux du financement de l’AVS. Celui-ci étant de nature structurelle. Il nécessite plutôt une nouvelle création de valeur que la confiscation de celle qui a déjà été créée par d’autres. Précisons que l’initiative ne donne aucun argument chiffré ni solution concrète. On en est à une pure confiscation de plus. Pour sa part, Tibère Adler, président du think tanks Avenir Suisse surenchérit : « Si elle passe cette initiative contraindrait de nombreux entrepreneurs à devoir vendre des actions ou une partie de leur entreprise pour s’acquitter de cet impôt. »  Rappelons, cas échéant, cette nouvelle perception s’effectuerait à hauteur de vingt pour cent de toute succession. On dit bien sur l’ensemble de la succession. Une franchise de deux millions de francs suisses est certes prévue. Toutefois,  elle s’appliquerait  à l’ensemble de la succession et non par héritier. Autant dire qu’avec la transmission d’un bien immobilier – au regard des prix atteints dans de nombreux cantons – c’est beaucoup plus que deux pour cent de la population, comme avancé par les initiants, qui souffriraient pareille confiscation. L’initiative ne prévoyant pas l’imposition séparée de chaque héritier, comme cela se pratique aujourd’hui par les cantons. Quant aux donations, celles-ci seraient exonérées jusqu’à vingt mille francs. Ceci sans prendre en compte le degré de parenté entre le donateur et le bénéficiaire. Aujourd’hui, nombre de cantons appliquent un régime plus large, à juste titre, en faveur de la filiation parents – enfants. Soit, les héritiers en ligne directe. La rétroactivité prévue par le texte jusqu’à 2012, pose également problème. En cas d'acceptation, l'initiative entrerait en vigueur le 1er janvier 2017. Il faudrait donc appliquer une rétroactivité sur cinq ans sur les donations faites aux enfants et aux personnes. La tâche administrative qui en découlerait apparaît déjà titanesque. De son côté, André Kudelski, chef de l’entreprise éponyme, rappelle que l’enjeu pour l’emploi est assez fort. La transmission d’une génération à l’autre est toujours un moment compliqué et délicat. « Notre pays a plus de chances de conserver ses postes de travail si les propriétaires des sociétés demeurent en Suisse. » Une initiative qui va clairement à l'encontre des entreprises familiales, en général, plus humaine car de plus petite taille. Elle fera perdre une certaine qualité de vie au travail. Elle revient à puiser dans la poche des entrepreneurs qui prennent des risques. Cet impôt ne taxerait pas seulement le travail mais également un état d'esprit… celui de la famille. Dans une famille, on fait beaucoup gracieusement pour les autres. De manière naturelle, sans attendre de profits immédiats. Les conjoints et les héritiers directs, en particulier, ont souvent contribué à constituer le patrimoine. Pour le moins, à le maintenir. Le cas de l’entreprise agricole est parlant. Ainsi, ce nouvel impôt est non seulement prohibitif, confiscatoire mais son principe heurte notre fédéralisme qui s’est toujours révélé concurrentiel jusqu’ici. Rappelons que les entreprises sont déjà imposées sur le revenu et la fortune. Elles financent déjà largement les prestations de l’Etat. Avec cette initiative, chaque franc généré par l’entrepreneur serait soumis à une triple imposition. Vu ce qui précède, il s’agira de rejeter massivement un texte qui porte autant atteinte à la diversité de notre tissu économique basé principalement sur des PME - dont beaucoup sont de nature familiales – qu’au maintien de l’emploi dans notre pays. Tout laisse à croire que nous avons, à nouveau, à faire à une initiative dite "marketing". Politiquement, ce type de démarche, peu constructive, fait planer une grande insécurité juridique dans notre pays. Elle ressemble à une opération marketing. C'est, malheureusement, de plus en plus l'apanage des appareils de parti qui tentent d’exister tant bien que mal pour contenir l'érosion de leur base. On peut aussi se demander si nous ne vivons pas encore, en Suisse, trop confortablement pour chercher ainsi encoubler l’entreprenariat et la compétitivité. Dans un pays sans matières premières, nous sommes en train d’attaquer les principes et les concepts qui ont fait notre succès. Il est temps de revenir à plus de réflexions et de réellement construire des voies pour l’avenir. Il est quand-même stupéfiant de constater que ceux-là mêmes qui demandent toujours plus d’Etat, d’assistance et de redistribution sont les mêmes qui mordent la main de ceux qui les nourrissent.

Texte dans "Le Temps", le mardi 19 mai 2015

16/08/2014

Des politiques sous influence

2.pngDemandons plus de transparence de la part de nos élus. C’est nous qui payons !

 

Comme le révèle Jean-Philippe Buchs, dans le magazine « Bilan » du 25 juin 2014, le Parlement refuse toute transparence. A ce jour, il existe 400 personnes non élues qui bénéficient d’un badge spécial, d’un accès libre au Palais fédéral et à tous les lieux non public. Ils sont plus nombreux que nos élus fédéraux – conseillers nationaux et conseillers aux Etats réunis. La liste des accrédités peut être obtenues sur ce lien www.parlament.ch/f/organe-mitglieder/nationalrat/Pages/default.aspx.

 

Exemples : la conseillère nationale genevoise UDC Céline Amaudruz a accrédité Raphaël Tschanz de l’UBS, Fathi Derder, PLR Les Libéraux- Radicaux/VD a, pour sa part, accédité Cristina Gaggini, directrice romande d’economiesuisse. Toutefois, les intérêts ne sont pas exclusivement économiques. De son côté, le doyen de la Coupole, Jacques Neirynck a accrédité son fils Julien.

 

Néanmoins, quand les électeurs élisent Céline Amaudruz ils doivent savoir qu’ils font rentrer l’UBS au sein de nos plus hautes instances politiques même si ce n’est plus vraiment nécessaire.

 

1459255_380363868764816_1298271255_n.pngFort de ce constat, notons la judicieuse idée du parti politique morgien « Morges Libre » qui a lancé ce printemps une pétition sur le plan fédéral pour demander aux Parlementaires d’afficher publiquement les noms de leur(s) accrédité(s) lors de chaque prise de position lors des campagnes de votations fédérales. Histoire que le grand public sache pour qui roulent nos élus !

 

Ce formulaire de pétition peut être commandé sans engagement via morgeslibre@gmail.com.

 

Certains élus se sont bien battus pour restreindre l’accès au gouvernement mais sans succès. Et, comme l’a démontré encore récemment la Neue Zürcher Zeitung, ces « invités » n’indiquent pas toujours correctement leurs activités professionnelles. Plus surprenant, on trouve encore dans les pas perdus de notre Palais fédéral l’influence d’anciens élus sans savoir pour qui ils roulent à présent.

 

Et au journaliste de Bilan d’ajouter :

 

« Beaucoup de parlementaires sont de véritables lobbyistes. Ils tirent une partie de leurs revenus de imagesCALD3R2K.jpgleur présence dans des conseils d’administration d’entreprises privées ou représentent des associations économiques. Ils n’hésitent pas non plus à monter à la tribune avec des interventions préparées par ceux qu’ils défendent. Ils votent pour faire triompher leurs propres intérêts. Or la Constitution interdit les mandats impératifs en ces termes : Les membres de l’assemblée fédérale doivent voter sans instruction ! »

 

Par ailleurs, on se rappelle encore de l’intervention du sénateur indépendant Thomas Minder qui était intervenu, en avril 2012, excédé qu’il était de dénombrer plus de lobbyistes dans les couloirs du gouvernement que de parlementaires. Il avait lui aussi tenté de restreindre leurs accès. Urs Schwaller, Parti démocrate-chrétien (PDC), avait alors rétorqué que les dossiers sont toujours plus complexes que les interventions régulières des « femmes et des hommes de l’ombre » étaient nécessaires.

 

1.pngAu nombre des « agences » de communication et de conseils stratégiques du pays, on compte l’influente Dynamics Group, www.dynamicsgroup.ch, que le président du PDC Christophe Darbellay compte parmi ses accrédités ou encore Furrer Hugi & Partner, www.furrerhugi.ch. Cette dernière, fondée en 2006, fut très utile à Glencore, géant du trading de matières premières pour redorer son image auprès de nos décideurs. Elle compte des clients tels que Swisscom, Mc Donald’s et Google. Cette firme montante est gentiment en train de s’imposer comme incontournable dans les « public affairs » - soit peser sur les décisions politiques.

 

11/02/2014

La faillite des élites politiques !

sans-titres.pngLe scrutin sur la fin de l’immigration de masse de ce dimanche est plus une faillite des élites politiques qu’une victoire du parti agrarien.

Au risque de choquer, la réaction de notre population est à saluer.

En osant secouer la tête et dire NON à l'immigration de masse, elle s'est substituée à un échelon de conduite politique embué dans la paperasse est de plus en plus réactif au lieu d'être proactif.

Le peuple a décidé de reprendre son destin en mains.

Dans un monde en perpétuels chamboulements, avec une multitude de crises économiques, de conflits armés et de catastrophes naturelles d’une intensité croissante, il n’y avait pourtant rien d'extravagant de souhaiter reprendre en mains la maîtrise de sa démographie. D’autres pays tels que le Canada, les Etats-Unis, l’Australie ou encore l’Autriche le font depuis longtemps sans choquer qui que ce soit.  

Depuis quinze ans, la première crainte de notre population est le chômage. Même si celui-ci n’a pas dépassé le taux de 4%, sur la même période.

Du moins, officiellement puisque nous l’avons vu récemment avec les statistiques sur le chômage des jeunes… l’interprétation et la minimisation sont choses aisées, à des fins politiques.

Et que font nos élites bien pensantes ? De gauche comme de droite c’est la même chose.

Elles favorisent les exemptions fiscales d’entreprises étrangères avec son lot d’expatriés. Elles négligent le concept de priorité nationale (exemple avec les frontaliers dans les administrations publiques). Elles ne réagissent pas quand une grande banque licencie 650 emplois dans notre pays tout en doublant le montant des bonus dont la plus grande partie sera à la faveur d’une poignée de hauts cadres. Pour la plupart de nationalités étrangères ou basés à l’étranger.

On y ajoute les nombreuses attaques contre notre place financières survenues l'an dernier comme la LEX USA et FATCA. Le compte est bon.

Dimanche 9 février 2014, nous avons plus vécu la faillite d’une élite politique déconnectée de sa population que l'expression d'un sentiment réellement xénophobe. Il suffisait d’écouter la mère de famille, le chauffeur du bus scolaire ou encore de tendre l’oreille dans les transports et les établissements publics pour réaliser que la tendance devenait lourde en faveur de l’initiative de l’UDC.

A force de piloter le pays sans vision, sans stratégie et avec des administrateurs des plus consensuels mais aussi des plus lisses on provoque une réaction incontrôlable de la base.  

C’est l'enseignement à retenir.