23/10/2021

Mediapart, orientation de l’information et censure arbitraire

A231DB2D-D470-4156-B143-B3EB02D1C439.jpegEn premier lieu, cela devient un luxe journalistique que de pouvoir s’exprimer sur un sujet pour lequel on dispose d’un minimum de connaissances. Force est de constater que ce n’est pas le cas pour une majorité de journalistes qui aujourd’hui noircissent du papier sans quitter leur bureau. Ils font du copier / coller. Ils s’autocensurent pour rester dans les clous de la pensée dominante. À la rigueur, ils passent un à deux appels téléphoniques - grand maximum - pour se donner bonne conscience. Ces mêmes « journaleux » - il n’y a pas d’autres termes pour les qualifier. Ce sont les mêmes qui quémandent continuellement les aides publiques - c’est-à-dire nos impôts - pour relater une information bien trop souvent lisse; polémique ou vide de sens. Certes, ils vont jusqu’à « enrichir » leur papier d’une citation ou d’une référence. Histoire de présenter une copie un temps soit peu différente du collègue concurrent. On nous livre alors trop souvent un mensonge. Un morceau de vérité seulement et c’est le pire des mensonges. Comme disait l’autre. Citons Jacob Cat : « Si vite que coure le mensonge la vérité un jour le rejoint. »

 
Ce préambule pour parler de choses expérimentées personnellement : la censure arbitraire du média en ligne Mediapart. J’irai même plus loin. Mediapart pratique du «journalisme » qui peut être orienté. Mediapart pratique du « journalisme politique ». Mediapart pratique du « journalisme d’opinion » et Mediapart contribue à la pensée unique voire à renforcer le courant mondialiste. 
 
Aussi, quand le 22 octobre 2021, sous la rubrique « Santé - Enquête », Pascale Pascariello publie dans les colonnes de Mediapart son article intitulé « IUH de Marseille : les ravages d’une expérimentation sauvage contre la tuberculose », rien que son premier paragraphe nous met en alerte : « La crise du Covid a révélé comment le professeur Didier Raoult pouvait s’affranchir des règles de méthodologie scientifique et d’éthique, en prescrivant comme traitement l’hydroxychloroquine, dont l’inefficacité a depuis été prouvée. »
 
C’est que Mediapart croit avoir des comptes à régler avec le professeur Didier Raoult. Hors, Pascale Pascariello n’est ni médecin; ni scientifique et encore moins professeure. Quand elle affirme que l’inefficacité du traitement à l’hydroxychloroquine a été prouvée, Pascariello nous livre un mensonge qui va par ailleurs discréditer l’ensemble de son texte. C’est regrettable. L’information qu’elle prétend délivrer sur les agissements de Didier Raoult pourrait être utile. Seulement voilà, il n’existe pour l’heure aucun consensus scientifique sur l’efficacité ou la non efficacité de l’hydroxychloroquine. Et la baisse de la charge virale obtenue avec cette molécule administrée à temps a probablement sauvé plus d’une vie. Les témoignages dans ce domaine ne manquent pas. Pascale Pascariello se livre alors au jugement de valeur, à l’instar de Mediapart. On retrouve dans la ligne éditoriale du site d’informations français l’ombre d’Edwy Plenel qui semble se masturber à brandir la menace de l’extrême-droite là où elle n’existe pas. Mais Edwy Plenel c’est aussi un passé à la fois brillant et sulfureux. Militant trotskiste dans les années 1970, il est d'abord journaliste à Rouge, l'hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Plus tard, il entre au service Éducation du Matin de Paris, puis au journal Le Monde en 1980. Ses révélations sur les affaires de la présidence de François Mitterrand en font une figure du journalisme indépendant et critique. En 2004, il doit toutefois en démissionner. Éclaboussé qu’il est par la publication du livre d’investigation  « La Face cachée du Monde » publié en 2003 par les journalistes Pierre Péan et Philippe Cohen et critiquant le fonctionnement du journal français Le Monde, plus particulièrement celui de sa direction tripartite de l'époque, composée de Jean-Marie ColombaniEdwy Plenel et Alain Minc.
 
Edwy Plenel demeure un journaliste d’opinion. Le pouvoir de compter parmi les faiseurs d’opinion l’importe  plus que le journalisme comme il devrait se faire pour garantir l’existence d’un quatrième pouvoir digne de ce nom, selon la charte de déontologie de Münich. Plus que l’information factuelle c’est le pouvoir d’influence qui l’intéresse. 
 
Ce qui peut expliquer la censure arbitraire pratiquée au sein du Club Mediapart. Faire une rapide analyse sur un moteur de recherches permet d’apprendre que les plaintes à ce sujet fusent. En corollaire, la suffisance d’Edwy Plenel est régulièrement soulignée. Celui qui ne daigne pas même répondre aux doléances des abonnés et lecteurs de son média. 
 
Mais quant-est-il de la censure pratiquée au sein du Club Mediapart ? 
 
En premier lieu, l’idée du club est géniale. C’est la vache à lait pour l’un des seuls médias profitables de l’hexagone. Les abonnés paient pour pouvoir s’exprimer. C’est fort et il fallait y penser. La traditionnelle rubrique « courrier des lecteurs » est passée aux oubliettes des médias déficitaires. Maintenant, le quidam doit payer pour publier son point de vue. Son argumentation qui est régulièrement de qualité enrichit et augmente l’audience de Mediapart. Quand le contenu ne convient pas à la ligne éditoriale dont l’ADN a été principalement enfanté par Edwy Penel, la censure algorithmique est immédiate. Sans explication aucune. Je l’ai dit en préambule : cela devient un luxe journalistique que de pouvoir s’exprimer sur un sujet pour lequel on dispose d’un minimum de connaissances.  Aussi votre serviteur a éprouvé cette façon de faire autocratique et anti journalistique de Mediapart. En parlant des décès avec un lien supposé aux vaccins Covid-19 qui sont rapportés tant par l’autorité française l’ANSM que par Swissmedic; en parlant des activités d’achats d’influences et de propagande du lobbyiste séparatiste catalan Diplocat ou encore en évoquant la maire française Marie Costa d’Amélie-les-Bains-Palalda, dans les Pyrénées Orientales, qui clame haut et fort que son président est le fugitif catalan Carles Puigdemont et qui se pavane dans les écoles de la république avec comme masque sanitaire la tristement célèbre et mortifère Estelada. 
 
Une autre forme de censure pratiquée par Mediapart et de reléguer au maximum les textes dont le point de vue ne lui convient pas le plus loin possible dans son moteur de recherches. Ce qui lui confère « l’honorabilité » d’octroyer la liberté d’opinion tout en la muselant dans les faits. Quelle n’est alors pas la surprise de trouver sur un thème politique donné des écrits aux contenus fallacieux voire même de nature raciste et suprémaciste répertoriés de manière bien plus avantageuse que de l’information factuelle et confirmée par l’expérience du terrain. 
 
Ainsi fonctionne la machine à cash-flows qu’est Mediapart. 
 
Pour ne pas en rester là, votre serviteur a donné la possibilité à la Rédaction de Mediapart de répondre sur le constat relaté dans cet article. Cela est resté lettre morte : 
 
Bonjour, 
 
Je prépare un article qui sera publié dans un autre média sur la procédure de censure chez Madiapart. En particulier sur le fonctionnement du Club Mediapart. 
 
En cas de non réponse de votre part, il sera fait mention que vous n’avez pas souhaité répondre. 
 
Voici les questions : 
 
1) Qu’est-ce qui déclenche une procédure de censure (une dépublication) ? Plainte ? Veille interne ? 
 
2) Quand le Club Mediapart procède à la censure c’est un algorithme qui est activé ne laissant aucune possibilité à l’auteur de l’écrit censuré de défendre son texte ni de savoir pourquoi il a été dépublié. Aussi, le Club Mediapart agit de manière très arbitraire. Songez-vous à améliorer cet état qui génère arbitraire; opacité; atteinte à la liberté d’opinion; frustrations et sentiments d’injustice; 
 
3) Comment sont référencés les billets de blog ? Par exemple, sur la thématique catalane il faut avancer à la 25ème page de référencement pour trouver enfin un texte critique à l’encontre de l’appareil séparatiste catalan. Ce qui peut laisser croire que la Rédaction de Mediapart « déclasse » les opinions contraires à ce qu’elle estime être sa vérité. On ne parle même plus de la Charte de déontologie de Münich qui est piétinée à plus d’un titre. 
 
Dans l’attente de vous lire, je vous remercie par avance pour le soin que vous consacrerez à répondre à ces trois questions. 
 
Bien entendu, vos éléments de réponse seront fidèlement reproduits dans mon article. Il en est de même pour ce que vous voudriez complémenter. 
 
Avec mes meilleurs et très respectueux messages.
 
François Meylan 
 
« Un mensonge peut tout détruire. La vérité ne fait mal qu’un instant. » Danielle Steel

28/07/2021

En Chine, l’Etat a toujours raison : séisme sur les EdTech !

2015-08-19T104234Z_1007120002_LYNXNPEB7I0FX_RTROPTP_3_OFRBS-CHINE-BOURSE_original.jpgCe début d’été, un retour à la réalité s’est imposé sur les marchés boursiers : le 100ème anniversaire du Parti communiste chinois et la raison d’Etat. Dans l’empire du milieu, l’état (le parti unique) a toujours raison. Le capitalisme doit servir la collectivité et non le contraire. La « dictature » chinoise sanctionne régulièrement les tricheurs et autres profiteurs. Ces dernières semaines, ce sont les EdTech qui en ont fait les frais. L’année pandémique 2020 qui fut à la fois tragique pour beaucoup et une véritable aubaine financière pour  d’autres doit paraître bien lointaine pour les entreprises chinoises actives dans l’instruction privée et les services de tutorat parascolaire. Un secteur, pesant plus de 120 milliards de dollars. Par exemple, le numéro deux du secteur TAL Education – voir graphique – a vu son cours dégringoler depuis son plus haut de 90 dollars à 4,03 dollars ! Ces concurrents  sinophones traversent la même galère.

Que s’est-il passé ?

Le régulateur chinois vient d’amender quinze sociétés du tutorat privé. Pour l’instant, ce n’est pas le cumul des amendes qui se limite à quelques millions de dollars qui fait souci mais plutôt les perspectives du secteur.

Parmi elles : Yuanfudao (soutenue par Tencent), Zuoyebang (soutenue par Alibaba), et New Oriental Education, TAL Education Group, OneSmart Education, Beststudy Education et Scholar Education.

Ces entreprises sont accusées d’avoir falsifié les diplômes des enseignants, la qualification et l’expérience du corps enseignant… surtout de débaucher les meilleurs professeurs de l’école publique. Avec le risque de créer un système à deux vitesses en Chine. Et cela est inacceptable pour la doctrine de l’unique parti politique du pays.

On reproche également aux « bannis » des cas de publicité mensongère et, une fois de plus, d’avoir eu la main lourde sur la facturation. Profitant des confinements et de la nécessité de maintenir à distance  son niveau d’enseignement.

Des banques comme Crédit Suisse et Morgan Stanley, après avoir  recommandé ce secteur, encouragent à présent de s’en éloigner.  Le pire est peut-être à venir. Pékin s’apprête à dévoiler d’autres mesures. Elles risquent d’être plus dures que prévu.

Dans une note, Goldman Sachs a indiqué qu'il réduirait de près de 80 %  en moyenne les objectifs de cours de ces sociétés. La banque américaine estime que l'impact de la nouvelle réglementation sur les résultats de ces entreprises s'explique principalement par l'interdiction du soutien scolaire le week-end et pendant les vacances. Une activité qui pèse jusqu'à 80% de leur chiffre d'affaires. Le président Xi Jinping souhaite un modèle qui privilégie la prospérité commune à une croissance désordonnée.  Intéressant et à suivre…

 

05/05/2021

Telefonica : que penser du géant de la téléphonie espagnol?

CFEE4329-D483-43BE-BB80-E2B11B753572.jpegAu cours de la décennie 90, la seule entreprise européenne dans laquelle investissait le gérant star Peter Lynch de la maison Fidelity était Telefónica. L’opérateur historique espagnol qui couvrait également une part importante du marché d’Amérique latine, avec un total de 500 millions de clients. Seulement voilà, la folie des dotcoms; l’éclatement de la bulle technologique et les diversifications dispendieuses ont placé l’opérateur téléphonique dans une situation d’endettement massif. Jadis étoile de l’IBEX35, le principal indice boursier ibérique, Telefonica pourrait ressembler à un ange déchu. C’est sans compter sa capitalisation boursière qui a été divisée par dix en l’espace de deux décennies. Pourtant, la compagnie présidée par José María Álvarez Pallete qui n’a cessé de distribuer de juteux dividendes et accroit ses droits de télévision offre un bon potentiel de récupération.

Natalie Obregón, journaliste économique free-lance, vient de le communiquer : Telefonica aura les droits de la Bundesliga allemande jusqu'en 2024. Une annonce qui aura lieu officiellement dans les prochains jours et que le quotidien Voz Populi rend déjà publique. Une bonne affaire qui s’est faite aux enchères, avec un rabais qui se situerait entre 10 et 15%, en raison de la pandémie. Nous parlons d'un chiffre qui oscillerait autour des 240 millions que Deloitte a évalué et qui est à des années-lumière de ce que représente les 900 millions du championnat de football espagnol ou les 840 millions du championnat italien. Certes, mais l’opérateur ne s’arrête pas en si bon chemin dans la diversification de ses revenus. Il a conclu, par l'intermédiaire de Media Networks Latin America, l'une de ses filiales, un accord avec Hispasat pour offrir des services de télévision payante par satellite aux clients de Movistar, principal réseau du mobile ibérique. Selon Telefonica, cet accord lui permettra de maintenir son attention sur le déploiement de la fibre optique et d'accroître la connectivité mobile avec les réseaux de nouvelle génération. Côté 5G, le groupe espagnol compte beaucoup sur sa collaboration avec Nokia.
Pour Reuters, le prix cible de l’action Telefonica est de 4,65 euros, contre quelques 3,9 euros actuellement. Le mois dernier, Bank of America a estimé une juste valeur à 5,4 euros par titre. Le concurrent américain Goldman Sachs quant à lui a un cours cible à 4,1 euros par action. Alors que la banque britannique Barclays évalue le sien à 4,2. Tous deux sont neutres sur le titre, tandis qu'Alantra recommandé l'achat avec un objectif de 4,45 euros par action. L’établissement bancaire Credit Suisse se montre quant à lui plus prudent avec un prix à 3,8 euros.
Néanmoins, le rythme de désendettement du groupe sera, encore longtemps, au centre des débats des séparatistes de l’investissement. La politique extraordinairement « dangereuse » des taux d’intérêt au plancher, voire négatifs, au cours de la dernière décennie à certes encouragé une exposition stratosphérique à la dette. Soit plus de 38 milliards d’euros !

Un regain de tension sur les taux et une hausse des impôts voulue par le gouvernement social-communiste Sanchez pour faire face aux coûts de la crise sanitaire agiront comme une épée de Damoclès sur la trésorerie de Telefonica. 

Lire également Nicolas Klein, spécialiste de l’Espagne :

« Telefonica de l’essor au déclin ? »

https://www.revueconflits.com/telefonica-de-lessor-au-declin/