24/12/2018

Catalogne, des liens entre l’appareil séparatiste et le terrorisme islamiste !

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Entretien exclusif avec Nicolas Klein...

FM : Nicolas Klein, les menaces d’attentats terroristes répétées de ces derniers jours sur Barcelone et en Europe en général semblent coïncider avec l’épuisement des forces de l’ordre, non ?

Nicolas Klein : En effet, même si la situation semble moins extrême en Espagne qu’en France pour lesdites forces de l’ordre. Ces dernières ont néanmoins été hautement sollicitées ces derniers temps, entre l’arrestation de plusieurs djihadistes présumés en plusieurs points du territoire espagnol (dont la Catalogne), leurs missions habituelles et la gestion de la crise catalane. On l’a encore vu ce vendredi 21 décembre, avec le Conseil des ministres que le gouvernement national de Pedro Sánchez avait décidé d’organiser à la Bourse de la Mer de Barcelone, afin de « recoller les morceaux » (vœu pieux) avec les autorités de la Généralité.
Tout le monde craignait en effet un déferlement de violence de la part de manifestants chauffés à blanc par les dirigeants séparatistes de la Catalogne et les organisations qui leurs sont proches, d’où un dispositif policier impressionnant dans la capitale régionale. Violences il y a eu, certes, mais les protestations ont été moins importantes que prévu et la situation a été globalement maintenue sous contrôle.

nicolas klein, terrorisme, françois meylan terrorisme, françois meylan terrorisme Catalogne, nicolas klein François meylanFM : Il y a certes la symbolique religieuse, comme pour le marché de Noël à Berlin en 2016 et celui de Strasbourg il y a quelques jours, mais l’épuisement provoqué à la fois par les Gilets Jaunes et par les CDR de chaque côté des Pyrénées pourrait-il faire le jeu des individus qui nous menacent d’attentats ?

Nicolas Klein : C’est possible, même si je pense qu’il faut différencier le mouvement des Gilets Jaunes et les organisations liées à l’indépendantisme catalan. Les premiers sont globalement pacifiques, notamment en province, et si certains ont pu se radicaliser dans quelques villes (notamment à Paris, Toulouse ou Bordeaux), les casseurs que l’on a pu observer à l’œuvre sont globalement des fauteurs de troubles professionnels qui ont profité des événements pour s’adonner à leur passe-temps favori.
Les Comités de Défense de la République (CDR), de leur côté, sont par essence bien plus remuants, pour ne pas dire violents – et ils cherchent toujours à organiser des actions coup de poing.

nicolas klein, terrorisme, françois meylan terrorisme, françois meylan terrorisme Catalogne, nicolas klein François meylanFM : Il est aujourd’hui notoire que l’appareil séparatiste catalan a favorisé les réseaux djihadistes en Catalogne. Comment ?

Nicolas Klein : Les autorités sécessionnistes catalanes se sont rapprochées il y a déjà plusieurs années de personnalités qui ont fait ou font partie de réseaux djihadistes en Catalogne en particulier et en Espagne en général pour des raisons assez claires, comme je l’ai montré dans un article publié à la rentrée 2017 : elles voulaient et veulent toujours se servir des associations musulmanes et des prêches dans les mosquées pour influencer l’opinion et le vote des immigrés de confession musulmane en faveur de l’indépendance.
Dans ce cadre, des personnalités troubles ont été contactées et même récompensées pour leurs bons et loyaux services par la Généralité, tandis que des associations ont été créées ad hoc, comme Nous Catalans (« Nouveaux Catalans »).
Cette politique communautaire était déjà contestable en soi mais le rapprochement avec des hommes au passé et/ou aux intentions criminels a achevé de la discréditer à mes yeux – et aux yeux de bien des Espagnols, notamment dans la région. Pour plus de précisions, je vous renvoie à mon article à ce sujet intitulé « Les liaisons dangereuses : séparatisme, Islam radical et attentats en Catalogne ». (Lien en annexe)

nicolas klein, terrorisme, françois meylan terrorisme, françois meylan terrorisme Catalogne, nicolas klein François meylanFM : Comment ont été récupérés les attentats du 17 août 2017 par ce même appareil séparatiste dans le cadre de la guerre de la communication qu’il conduit contre l’Espagne ?

Nicolas Klein : Dès l’annonce des attentats d’août 2017, la Généralité de Catalogne a voulu marginaliser l’État espagnol dans la communication autour des événements et de l’enquête, ce qui a été favorisé par les réactions tardives de l’exécutif de Mariano Rajoy. Par ailleurs, les forces de l’ordre nationales n’ont pas reçu de la part de la police autonome catalane (les Mossos d’Esquadra) des informations essentielles dans le cadre de la compréhension et de la résolution de l’enquête criminelle, comme on l’a appris plus tard.
À plusieurs reprises, les autorités de la Généralité ont par ailleurs eu des déclarations malheureuses, distinguant ainsi les victimes « catalanes » des victimes « espagnoles » dans le décompte macabre des terroristes.
Notons enfin que les indépendantistes de tout poil accusent depuis lors le gouvernement espagnol d’avoir dissimulé les menaces terroristes sur Barcelone, voire d’avoir favorisé ou organisé les attentats (le tout sans le moindre début de preuve) dans le but d’affaiblir le mouvement indépendantiste…

http://cerclearistote.com/les-liaisons-dangereuses-separatisme-islam-radical-et-attentats-en-catalogne-par-nicolas-klein/

03/06/2018

Un nouveau Nuremberg pour les djihadistes déchus de Daech ?

8F4A7816-E777-4403-83CE-4F88B42620E4.jpeg*À l’heure où le pseudo califat de l’État islamique (EI) est chassé des ruines irakiennes et syriennes, la question de que faire de ses revenants est récurrente. En premier lieu, on s’accorde sans problème sur le fait que chaque cas doit être traité individuellement. Ce qui même avec la force de l’État de droit n’est pas une sinécure. En février dernier, le «Courrier International » rappelait que selon les chiffres officiels, octobre 2017, au moins 2000 anciens membres de l’organisation criminelle étaient rentrés en Occident. Sans compter ceux qui n’ont pas été repérés. Les chiffres sont à la fois difficiles à estimer qu’à interpréter. Et on ne peut exclure que ceux qui sont rentrés antérieurement n’aient fait des émules. Plus déconcertant encore, c’est les comptages très approximatifs de chacun des États concernés. L’important est alors de savoir comment traiter ces cas. Pour le Comité international de la Croix-Rouge, il ne faut pas déclencher de surenchère et traiter tous les individus ainsi que leurs familles humainement et dans le respect du droit international. L’effort devant porter sur leur « réintégration ». Ce qui contraste avec les déclarations du ministre de la Défense britannique Gavin Williamson, dans les colonnes du tabloïd « Daily Mail » : « Un terroriste mort ne peut pas nuire au Royaume-Uni ». Et d’ajouter : « Je pense qu’aucun terroriste ne devrait jamais être autorisé à revenir. Nous devons tout faire pour détruire et éliminer cette menace. » Le problème comme disait Gandhi : « Oeil pour œil, nous serons tous aveugles ». Dans les Balkans, en particulier au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine - tous deux à majorité musulmane - c’est la prison qui est prévue pour un à cinq ans. Avec un important effort financier consenti par l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) en faveur de programmes de resocialisation. Une fois la peine terminée, pour éviter une nouvelle radicalisation. Aux Danemark et en Belgique c’est une politique de la deuxième chance qui prévaut. Tendre la main, éduquer et comprendre sont les maîtres mots. Pour l’instant, cela semble réussir. Alors qu’en Allemagne on assiste à la fin de la tolérance : « Pour nous, à partir de maintenant qui est allé rejoindre l’EI en est aussi membre », résume un procureur. Pour sa part, le quotidien « Der Spiegel » précise que tout membre d’une organisation terroriste qui rentre en Allemagne risque une peine de prison allant jusqu’à dix ans. Rappelons que la patrie de Merkel s’était jusqu’ici montrée très compréhensive particulièrement avec les femmes et les mères parties rejoindre leurs compagnons djihadistes. Jusqu’à l’instant où quelques arrestations sur place, notamment en Irak, démontrent la nature criminelle de certaines de ces allemandes. Quant à la France, pays européen comptant les plus grand nombre de compatriotes ex-membres de Daech, elle se trouve en première ligne dans la gestion des « revenants ». Pourtant, elle n’a toujours pas de ligne claire. Certes, elle n’est pas la seule. Pour l’heure, les Français détenus sur sol irakien ou syrien font tous l’objet d’un mandat d’arrêt, indique le procureur de Paris François Molins. Pour autant, le super magistrat, précise que les ressortissants de l’hexagone ont été arrêtés dans le cadre d’un conflit armé et que les pays dans lesquels ont été commises des exactions ont eux aussi un droit légitime à les juger. Sauf en cas de peine de mort - on pense, en particulier, à cette djihadiste allemande qui a été récemment condamnée à mort à Bagdad, la ministre de la Justice française Nicole Belloubet assure que dans ce cas Paris interviendrait. Quant aux autres ? Ceux qui sont déjà rentrés dans l’hexagone ? Certaines personnes ont été jugées. D’autres sont encore libres, bien que surveillées par les services de renseignements. Et d’autres encore font l’objet d’un suivi judiciaire en milieu ouvert. On le voit, ce dossier cornélien appert, pour l’heure, insoluble. Sans évoquer les voisins méditerranéens comme par exemple la Tunisie. Cette dernière a encore déclaré ne pas être prête ni ne vouloir le retour de ses nationaux djihadistes. Finalement, vu ce constat, la piste à explorer ne serait-elle pas de centraliser tant les investigations que les poursuites pénales sous l’égide d’un organisme supranational ? Ce qui s’est passé sur les territoires du Levant depuis 2012 est, osons l’affirmer, un crime contre l’humanité. Nos démocraties et le monde en général doivent peut-être passer par un nouveau procès de Nuremberg. Il en va de la survie de l’Etat de droit !

*Puplié une première fois sur la page Facebook « Les libéraux ».

21/09/2017

Terrorisme : on ne le vaincra pas en s’enfermant dans le fantasme.

IMG_0649.JPGIl est temps de passer du mode communiquer au mode informer !


*Depuis les attentats du 11 septembre 2001 qui marquèrent, résolument, un avant et un après, on nous sert toujours la même soupe. Avec les résultats que l’on connaît. Et ils sont insuffisants. On n’a pas su voir venir. Ou on n’a pas voulu voir les choses telles qu’elles sont. Faute à qui ? Probablement à une multitude de facteurs et d’acteurs.

Pour la majorité d’entre nous, on ne comprend pas d’où vient une telle violence. Comme elle s’estIMG_0636.JPG encore exprimée ce 17 août 2017 à Barcelone et à Cambrils, en Catalogne, en Espagne. Soudain, l’incompréhension du phénomène paraît totale. Pour le moins, nous souffrons d’une pensée dominante bien confortable. Celle d’un méchant califat qui nous en veut. Ce fantasme est repris par l’ensemble des médias grand public. C’est une guerre entre le Bien et le Mal. Elle est couplée avec l’échec du communautariste et des banlieues ghetto. Celle d’un choc des civilisations.
« Pourtant, c’est d’inculture que « Pourtant, c’est d’inculture que nous souffrons plus que d’une nouvelle guerre de religion », comme le relève le criminologue français, de renommée internationale, Alain Bauer. A la technologie des satellites, des drones et des frappes « chirurgicales » se succèdent « al qaeda », « aqmi »,« daesh » et « boko haram. » Pour autant, rien ne s’arrange. Mais comment les choses pourraient-elles aller mieux ? Notre principal partenaire commercial en matières fossiles l’Arabie Saoudite n’exporte pas seulement du pétrole mais également le salafisme. De ce salafisme belliqueux – plus de nonante milliards de dollars investis dans cette idéologie guerrière, selon James Woolsey, ancien directeur de la CIA – ont été attisés des conflits tels que l’Afghanistan – dans ce cas précis, avec la complaisance et même l’impulsion des Etats-Unis et de l’Occident -, de l’Algérie, de la Bosnie, de la Somalie, de la Tchétchénie, du Sahel, du Nigéria, de la Lybie, du Yémen et de l’Irak comme de la Syrie. C’est bien une idéologie que nous devons combattre. IMG_0652 (1).JPGLe juge anti-terroriste Marc Trevedic, en poste au Tribunal de grande instance de Paris de 2000 à 2015 et auteur de l’ouvrage « Terroristes - les 7 piliers de la déraison», l’affirme, sans ambiguïté aucune : « Nous sommes otages d’une grande hypocrisie. C’est exactement la même idéologie qui anime tant ceux qui posent des bombes que ceux qui nous achètent des armes et financent notre parc immobilier et nos clubs de foot. » Et d’ajouter que rien n’a jamais été entrepris pour lutter contre le fanatisme religieux. Il n’est pas contredit par l’ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls : « Aujourd’hui, nous payons cher cette alliance avec le diable qui vient de loin. Soit du temps où il était question de faire tomber l’URSS». Vu ce qui précède, il y a de quoi se retrousser les manches pour mettre un terme à ses prêches sur l’autel de la violence. Ne nous leurrons pas. Dans les mosquées, de Riyad à Prizren au Kosovo, en passant par Casablanca et Vitrolles, en France, le discours haineux perdure. Il est peut-être temps de mettre un terme à l’hypocrisie. Certes, des contrats juteux en pétrole, en fournitures militaires, etc. sont en jeu. Mais alors pesons le pour et le contre. Dans cette constellation, il est temps également que nos médias et nos élus fassent enfin de l’information et non plus de la communication et de la récupération politique sur chaque attentat. Parce que les impostures autour du terrorisme sont nombreuses. Par exemple, le pseudo-chef de l’organisation criminelle que l’on nomme Etat islamique (EI) et auto-proclamé calife de tous les Musulmans qui se fait appeler Abou Bakr Al-Husseini Al-Qurashi Al-Baghdadi n’est autre qu’un simple irakien du nom de Ibrahim Al-Badri, né en 1971 à Samarra et non à Bagdad – capitale historique du califat islamique – comme le signifie son pseudo « Al-Baghdadi».terrorisme,terreur,terroristes,meylan,françois,françois meylan Il n’est pas non plus le premier successeur du prophète Mahomet, à contrario du pseudo« Abou Bakr », ni appartenant à sa tribu comme pourrait l’indiquer « Al-Qurashi. » Et, encore moins descendant du second petit fils du prophète, ce qu’aurait signifié « Al-Husseini. » Par ailleurs, arrêtons d’appeler terrorisme ce qui ressemble plus à des violences politiques et à de la criminalité organisée. Faut-il encore le rappeler ? Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune définition universelle pour décrire ce qu’est le terrorisme. Rien que dans les pays anglo-saxons nous relevons plus de deux-cents interprétations ! Pour sa part, la définition retenue par notre Administration fédérale demeure incomplète. Elle ne prend pas en compte les cibles quand celles-ci sont militaires.
IMG_0641.JPGHors, comment lutter face à un ennemi que nous peinons à décrire ? D’où la nécessité d’informer et d’informer encore. Qui ? Nous ! Le public, autant de victimes que de cibles potentielles. A ce titre, il est préférable d’écouter l’analyse des criminologues, entre autres, Xavier Raufer et reporters réellement avisés aux vas-t-en guerre et pseudos spécialistes abonnés à nos plateaux de télévision. Le prisme des premiers nous éclairent d’avantage que les seconds. Entre autres, ils nous encouragent à passer de la résilience à la prise de position. « Il est urgent de remonter aux commanditaires et jusqu’au plus haut niveau », relève, à juste titre, le journaliste Joseph Macé-Scaron dans l’hebdomadaire « Marianne ». Activons, à notre tour, les relais diplomatiques et contre la fin de notre ingérence calamiteuse au Moyen-Orient, stoppons toute cette singerie sanguinaire !

*Publié dans "Point de Mire" No 70 - Automne 2017