28/07/2021

En Chine, l’Etat a toujours raison : séisme sur les EdTech !

2015-08-19T104234Z_1007120002_LYNXNPEB7I0FX_RTROPTP_3_OFRBS-CHINE-BOURSE_original.jpgCe début d’été, un retour à la réalité s’est imposé sur les marchés boursiers : le 100ème anniversaire du Parti communiste chinois et la raison d’Etat. Dans l’empire du milieu, l’état (le parti unique) a toujours raison. Le capitalisme doit servir la collectivité et non le contraire. La « dictature » chinoise sanctionne régulièrement les tricheurs et autres profiteurs. Ces dernières semaines, ce sont les EdTech qui en ont fait les frais. L’année pandémique 2020 qui fut à la fois tragique pour beaucoup et une véritable aubaine financière pour  d’autres doit paraître bien lointaine pour les entreprises chinoises actives dans l’instruction privée et les services de tutorat parascolaire. Un secteur, pesant plus de 120 milliards de dollars. Par exemple, le numéro deux du secteur TAL Education – voir graphique – a vu son cours dégringoler depuis son plus haut de 90 dollars à 4,03 dollars ! Ces concurrents  sinophones traversent la même galère.

Que s’est-il passé ?

Le régulateur chinois vient d’amender quinze sociétés du tutorat privé. Pour l’instant, ce n’est pas le cumul des amendes qui se limite à quelques millions de dollars qui fait souci mais plutôt les perspectives du secteur.

Parmi elles : Yuanfudao (soutenue par Tencent), Zuoyebang (soutenue par Alibaba), et New Oriental Education, TAL Education Group, OneSmart Education, Beststudy Education et Scholar Education.

Ces entreprises sont accusées d’avoir falsifié les diplômes des enseignants, la qualification et l’expérience du corps enseignant… surtout de débaucher les meilleurs professeurs de l’école publique. Avec le risque de créer un système à deux vitesses en Chine. Et cela est inacceptable pour la doctrine de l’unique parti politique du pays.

On reproche également aux « bannis » des cas de publicité mensongère et, une fois de plus, d’avoir eu la main lourde sur la facturation. Profitant des confinements et de la nécessité de maintenir à distance  son niveau d’enseignement.

Des banques comme Crédit Suisse et Morgan Stanley, après avoir  recommandé ce secteur, encouragent à présent de s’en éloigner.  Le pire est peut-être à venir. Pékin s’apprête à dévoiler d’autres mesures. Elles risquent d’être plus dures que prévu.

Dans une note, Goldman Sachs a indiqué qu'il réduirait de près de 80 %  en moyenne les objectifs de cours de ces sociétés. La banque américaine estime que l'impact de la nouvelle réglementation sur les résultats de ces entreprises s'explique principalement par l'interdiction du soutien scolaire le week-end et pendant les vacances. Une activité qui pèse jusqu'à 80% de leur chiffre d'affaires. Le président Xi Jinping souhaite un modèle qui privilégie la prospérité commune à une croissance désordonnée.  Intéressant et à suivre…