29/10/2018

Brillant article du quotidien andalou « La Voz de Almeria » - Traduction française.

12C69062-84D2-47BE-BF21-0DC390508056.jpegIl y a quelques jours, ‘Anonymus Catalonia’ publia une liste noire contenant les noms d’ ennemis supposés de la patrie catalane. En totalité, 80 personnes «ultras, fachas, nazis, unionistes, juges et personnes d’extrême droite qui ont limité la liberté d’expression ou ont agressé verbalement ou physiquement des catalanes indépendantistes», selon leurs dires. Dans cette liste apparait un politicien et chef d’entreprise suisse aux origines d’Alméria: François Meylan.

Meylan naquit dans la petite ville suisse de Dornach en 1970, fils d’émigrés de la province espagnole d’Alméria : de Turre et de Cuevas del Almanzora, concrètement. De ce fait, de profondes attaches le lient à la côte d’Alméria, qu’il visite dès que l’occasion se présente. Il est assesseur financier, politicien et écrivain, bien qu’il fût par le passé policier, militaire et journaliste.

6A9195A1-CE87-4F3C-9FBD-4F5F2B8C08D4.jpegAmoureux de l’Espagne par ses origines et bon connaisseur de la Catalogne dont la mère de ses enfants est originaire, Meylan s’est converti en l’un des représentants majeurs de l’unionisme en terres helvétiques. « Mon objectif est de lutter contre la propagande de l’indépendantisme catalan et que les gens en Suisse connaissent ce qui arrive vraiment en Catalogne, parce qu’ils sont très mal informés, les médias faisant très mal leur travail », nous explique-t-il. « En Suisse, de nombreux médias sont manipulés et il est impossible d’écrire contre le séparatisme sans être boycotté », lamente-t-il. Malgré cela, il écrit habituellement des articles en Espagne et « dans certains médias suisses indépendants qui peuvent encore dire la vérité ».

C’est pour ces raisons que François Meylan n’est pas passé inaperçu chez les indépendantistes les plus radicaux qui l’ont inclus dans une « liste noire » dans laquelle figurent d’autres personnalités comme Alberto Ruiz-Gallardon, Jaime Mayor Oreja, l’ex ministre Rafael Arias Salgado, le député européen de Ciudadanos Javier Nart ou Agustin Vigo Morancho, président de la salle 14 de l’Audience provinciale de Barcelone, entre autres.

Il reconnaît que « ce fut une surprise désagréable de me voir dans cette liste ». « Quelques amis et camarades de la Résistance m’avertirent et rapidement je compris que c’était à nouveau une opportunité pour démontrer ce que je savais depuis toujours : l’indépendantisme catalan n’a jamais été vraiment pacifique ».

LUTTE DEPUIS LA SUISSE 

97812F35-5BA8-4772-B7DD-D570B35F5281.jpegAprès le référendum du 1er octobre 2017, Meylan décida de voyager jusqu’à Barcelone afin de connaître personnellement la situation. « Les médias suisses ne nous racontaient pas la vérité », dit-il. Ainsi, sa première préoccupation fut de relayer la réalité aux Suisses et de combattre « la propagande de Omnium Cultural et de l’ANC ».

En janvier, il sollicita par courrier au Gouvernement suisse une plus grande vigilance de certaines activités de propagande indépendantiste sur territoire helvétique, comme la publication de vidéos comparant la situation entre la Catalogne et l’Espagne avec celle vécue entre l’Ukraine et la Russie.

Peu de temps après, en mars, il décida de créer la page Facebook « Catalunya peuple d’Espagne » pour « informer la population suisse des mensonges séparatistes ». Plus tard, ce mouvement se convertit en Comité intégré par des personnes venant de Suisse, de Barcelone, de Bruxelles, de Gérone et de Valence ; celui-ci réalise et diffuse des recherches, des articles de presse, des entretiens et des manifestations afin d’informer la population.

Meylan organisa une concentration à la Place des Nations de Genève, en Suisse, en même temps que la célébration de la grande manifestation de Barcelone du 9 septembre en faveur de l’unité de l’Espagne. A cette occasion, il informa les assistants du « double cout d’Etat en Espagne, donné aux Institutions catalanes et à l’éducation, vu que le peuple catalan est otage d’un projet séparatiste et que l’enfance est manipulée », explique-t-il.

3C8DC706-B44B-46C8-8B93-B5B1A7DE42C8.jpegSa dernière action fut de demander l’ouverture d’une investigation pénale au Ministère Public de la Confédération (MPC) à l’encontre de Quim Torra pour apologie de la violence le 1er octobre 2018 et contre ses appuis en Suisse. « Nous pensons que l’ANC ne fonctionne pas comme association culturelle mais comme instrument politique au bénéfice d’intérêts particuliers. Elle ne représente en aucun cas la Catalogne. De plus, l’ANC soutient des délinquants et fait la promotion de vidéos de propagande trompeuse réalisés, entre autres, par Omnium Cultural.

LES RUBANS JAUNES 

Pendant les derniers mois, l’entrepreneur voyagea à de nombreuses reprises en Catalogne. La dernière date du 12 octobre pour célébrer le Jour de l’Hispanité et se réunir avec d’autres représentants anti-indépendantistes. En effet, « Catalunya peuple d’Espagne » est un Comité apolitique et transversal qui travaille avec de nombreuses associations comme « Somos Tabarnia », « Foro de España » ou la « Sociedad Civil Catalana (SCC)».

8B7E7883-176A-45F8-BD74-1308454CB503.pngPendant la nuit du 28 au 29 août, Meylan voyagea à la Costa Brava pour s’unir à un groupe d’activistes et retirer des rues des centaines de rubans jaunes placés par les indépendantistes. Certains médias nationaux comme « OKDiario» parlèrent de cette action, ce qui contribua sûrement à alimenter la haine que lui portent les radicaux, qui le signalent maintenant comme l’un des « ennemis de la patrie ».

« JE VEUX ÉVITER LA GUERRE »

Meylan est pessimiste par rapport à la situation catalane. « Les politiciens ont trop attendu et la Catalogne est désormais un laboratoire de déstabilisation étrangère, vu qu’elle agit non seulement contre l’Espagne, mais contre l’Union Européenne », lamente-t-il. « On ne peut laisser la Generalitat dans les mains de délinquants. La Catalogne est l’autonomie espagnole qui détient le plus grand nombre de cas de corruption et le système séparatiste se finance avec les corrompus et la participation d’organisations criminelles ». Pour ces raisons, le chef d’entreprise et politicien suisse voit dans cette dérive une similitude avec celles qui provoquèrent la 1ère et la 2ème guerre mondiale, ce qui augurerait un conflit européen si l’on ne trouve aucune solution.

Il considère nécessaire que le Gouvernement central récupère les compétences dans les domaines de l’Education et de la Sécurité. «La chance est que la « majorité silencieuse » non indépendantiste s’est réveillée et combat maintenant avec beaucoup de courage».

Même les listes noires ne vont pas intimider ce Suisse d’origine andalouse qui se bat pour l’unité de l’Espagne. «C’est mon destin – admet-il, mon objectif est d’éviter une guerre et que la Suisse soit complice de délinquants comme Marta Rovira ou le lobby de l’ANC ».

*Víctor Visiedo, journaliste à «La Voz de Almeria. »

 

04/09/2018

Catalogne : La priorité doit être de protéger la liberté et la démocratie.

FAC77F25-F528-4CF0-B36F-7A20A5D814C7.jpegInterview à Barcelone de Juan Milián*

François Meylan: Vous êtes un élu de l'opposition au nationalisme catalan, subissez-vous des menaces ?

Juan Milian: Depuis que le processus d'indépendance a débuté en 2012, la société catalane s'est polarisée de plus en plus jusqu'à ce qu'elle atteigne la situation actuelle où il existe deux communautés distinctes en Catalogne. Tous ceux qui ont exprimé une opposition au séparatisme ont souffert de la haine des plus radicaux, sous la forme de menaces ou d’insultes, dans la rue ou sur les réseaux sociaux. Cependant, j'ai la chance de vivre à Barcelone où le séparatisme n’est pas aussi fort. Cela exerce une plus grande pression sociale à l'intérieur de la Catalogne, dans les plus petites municipalités où tout le monde se connaît. Vous devez être très courageux pour vous exposez publiquement au séparatisme qui se veut totalitaire. 

FM: La Guardia Civil - la gendarmerie - a reçu des instructions pour accroître sa présence en Catalogne. Pensez-vous que c'est justifié?

JM: Oui, le gouvernement du Parti Populaire (PP) a empêché la tentative de coup d’État que les séparatistes du Parlement catalan ont tenté les 6 et 7 septembre 2017, lorsque les partis nationalistes ont cherché à abolir la Constitution espagnole et le Statut d'autonomie sans respecter les droits des députés de l'opposition. Ils ont été jusqu’à la déclaration unilatérale d'indépendance. L’État a gagné cette bataille, mais le mouvement indépendantiste concentre désormais sa frustration et sa colère à l’égard de la partie la plus faible, celle des Catalans non indépendantistes. Nous sommes une majorité sociale en Catalogne, mais nous ne disposons pas des ressources publiques immenses avec lesquelles les séparatistes comptent. Donc, je pense qu'il est nécessaire que, face à un automne qui s’annonce chaud, le gouvernement espagnol, le PSOE, mette tous les moyens de protection possibles pour défendre les libertés et les droits de tous les Catalans.

E93DC004-523C-4D6F-92E0-4B83072E5918.jpegFM: Vous, comme moi, savons que personne ne laissera la Catalogne se séparer de l'Espagne, sur l’autel d'un fantasme. Mais comment déradicaliser ces milliers de personnes devenues fanatiques ?

JM: C'est vraiment compliqué, car c'est une révolution spéciale. C'est une révolution qui se fait d'en haut, avec les ressources d'une partie de l'État comme la Generalitat, qui dispose de puissants moyens de communication publics et subventionne la grande majorité des médias privés en Catalogne. Le niveau de radicalisation est si élevé qu'ils sont devenus imperméables à la réalité, aux dommages qu'ils causent à la Catalogne. Ils nient la fuite des entreprises ou la fracture sociale. C'est qu'ils ne le voient pas. Donc, beaucoup de communication est nécessaire. Nous devons veiller à ce que les Catalans qui ont rejoint le mouvement indépendantiste pour des raisons économiques, mais pas nationalistes, voient la réalité, que le processus séparatiste est une mauvaise affaire pour les Catalans, qu'il nous divise et nous appauvrit. D'autre part, nous devons comprendre que nous sommes dans une phase émotionnelle énorme. Nous ne nous occupons pas des raisons. Ils ne craignent pas de briser des familles ou des amitiés. Par conséquent, nous devons savoir comment traiter le problème de l'affect. Nous ne devons pas, par exemple, laisser le nationalisme prendre le relais de la langue ou de la culture catalane.

FM: Que pensez-vous quand je vous dis que la Suisse permet aux fauteurs de trouble d’agir sans contrôle sur son territoire tels que Anna Gabriel, Marta Rovira et l’ANC ?

JM: C'est triste qu'il y ait des Suisses trompés par un faux romantisme. Quelque chose de curieux se produit avec des journalistes étrangers qui écrivent sur la Catalogne.. Au début, quand ils ne connaissent pas très bien la complexité sociale catalane, ils ressentent une certaine sympathie pour le séparatisme. Il ressemble à une lutte de certains révolutionnaires rêveurs contre un État non démocratique. Plus tard, quand ils approfondissent, leur perception change complètement. Ils se rendent compte que l'Espagne est l'un des pays les plus décentralisés du monde et que la Catalogne jouit d'une grande autonomie avec des pouvoirs en matière d'éducation, de santé, d'infrastructures, de sécurité ... les politiciens en détention préventive sur ordre d'un juge se trouvent dans les prisons de la Generalitat de Catalogne. Les journalistes réalisent également que ce n'est pas un problème de la Catalogne contre l'Espagne, mais un problème parmi les Catalans. Le nationalisme veut exercer un pouvoir illimité contre les non-nationalistes. Bien qu’il n’ait pas de majorité sociale, il peut gouverner parce que la loi électorale profite aux provinces moins peuplées et plus nationalistes. Les indépendantistes ne s'en privent pas depuis des décennies avec des abus tel que le piétinement la langue espagnole - la langue de la plupart des familles catalanes - en tant que langue étrangère dans les écoles publiques ou en utilisant la police autonome pour espionner et intimider l'opposition.

CF17948A-BBEB-4058-9BBD-93ECC929DC7B.jpegFM: On entend qu'un automne chaud se prépare en Catalogne. Que faut-il comprendre ?

JM: Le séparatisme est divisé, mais pris au piège par la stratégie de la tension attisée par Puigdemont et le président actuel Quim Torra, une personne qui a écrit des articles antisémites, appelant « bêtes sous forme humaine » ceux qui ne pensent pas comme lui. Il y a plus de deux ans, ces deux individu ont promis l'indépendance en 18 mois. Ce qui n'était bien entendu pas possible. A présent, ils tentent de cacher la tromperie avec de plus en plus de tension contre les Catalans non nationalistes. Ce sera un automne très difficile. Il y a déjà eu des agressions. L'appareil nationaliste les a niées ou elle s'en n’est moquées. Des collaborateurs de la télévision publique catalane ont déchaîné une campagne de haine, même en utilisant l'homophobie, contre l'opposition démocratique. Nous ne sommes pas confrontés à un mouvement démocratique. C'est un mouvement nationaliste radical basé sur la xénophobie fiscale et le suprémacisme. Et que, comme tout populisme, il utilise un langage démocratique simplement pour obtenir un soutien sur la scène internationale. Mais dans les faits, ne respecte aucun des principes des démocraties libérales.

juan milián,catalogne,catalunya,françois meylanFM: Quel est votre message d'apaisement ?

JM: Je pense que dans les années à venir, un discours de réconciliation nationale sera nécessaire en Espagne, mais dans les prochaines semaines, la priorité doit être de protéger la liberté et la démocratie en Catalogne contre les attaques des séparatistes. La coexistence ne sera possible que si l’on respecte la primauté du droit (État de droit). Si le nationalisme est empêché d'utiliser des ressources publiques contre une partie de la population, un grand pas en avant vers la paix sociale aura eu lieu. Et, en l’absence de coercition, il faudra s’engager dans une voie réformiste garantissant que la diversité soit une force sans le risque de devenir une division. En Catalogne, il existe des conditions objectives pour bien vivre. Barcelone est l'une des villes avec la meilleure qualité de vie au monde. C'est dommage que le séparatisme brise tout. Nous devons traduire le message auquel nous sommes confrontés : nous sommes tous perdants. Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous aurons un avenir serein.

 

*Juan Milián était membre du Parlement autonome catalan pendant le dernier mandat et occupe le poste de secrétaire adjoint aux études et programmes du Parti populaire (PP) de Catalogne. Auteur également de «L'accord du seny» - Surmonter le nationalisme dès la liberté.

05/07/2018

Los Lazos, risque écologique pour la Catalogne !

3118A63A-A950-4F1F-A14A-C72395BB9B62.pngQuand je rencontre Pedro*, à Barcelone, je suis loin d’imaginer que ces morceaux de plastique jaune qu’on appelle élégamment « Los Lazos » recouvrent l’équivalent de plusieurs hectares et qu’on articule le nombre de plusieurs dizaines de tonnes de plastique évacuées régulièrement par des citoyens volontaires. Va-t-on vers une catastrophe écologique ? On ne peut l’exclure. Le plastique jaune arrive à profusion dans l’autonomie, entre autres, par le biais de ces hyper centres chinois dans la zone industrielle de Badalona. Pourquoi ce jaune partout que cela soit sur le domaine privé ou publique ? Il est sensé rappeler l’existence de prisonniers dits « politiques » pour les uns et de droit commun pour les autres. Votre serviteur partage l’avis, tout comme les principales ONG activent dans les droits humains, que des gens qui se sont placés hors de la constitution et ont détournés les fonds publics à leurs fins ne sont pas des prisonniers politiques. Le souci est que ces tonnes de plastique se retrouvent près des cours d’eau quand ce n’est pas directement dans la mer. Leur profusion ne semble se tarir. Les containers des ports de Barcelone et de Tarragone offrent de quoi 94958BEC-B10E-43BC-9BA6-6840D93FC61C.pngplastifier toute la Catalogne en terre des damnés. Heureusement des groupes de citoyens se sont organisés pour lutter à la fois contre l’occupation de la voie publique par des symboles politiques et contre une pollution majeure annoncée. Ils sortent de nuit en suivant des procédures de sécurité bien établies. Pour nettoyer, sur leur temps libre et avec leurs deniers, l’espace publique, les abords des axes routiers et partout où il est possible d’aller, sans trop de danger. Si tout a commencé à partir d’octobre 2017, c’est à présent que ces groupes de citoyens sont organisés en unité de 12 à 40 personnes et par secteur. Les rayons d’action de ces héros de l’anti-pollution est de 40 à 50 kilomètres. Mais il n’est pas rare qu’ils parcourent jusqu’à 170 km, en une nuit, tellement il y a à nettoyer. Et pour Pedro de préciser qu’il y a aussi tout le travail fournit individuellement par les habitants. Les risques qu’encourent ces vaillants citoyens ne sont pas négligeables. Premièrement, il y a les réactions imprévisibles des séparatistes les plus radicalisés. Par exemple, les sulfureux 5E95908B-1CB0-4999-8EED-16ED91BF871D.pngComité de défense de la République (CDR) - structurés tels des paramilitaires - qui n’hésitent pas à menacer et même à frapper celles et ceux qui ne pensent pas comme eux. Plus sournois encore, il y a le risque d’être identifié par une patrouille de la police locale ou par les Mossos d’Esquadra dont de nombreux éléments sont de connivence avec les leaders indépendantistes. Dès cet instant, ce sont les conditions mêmes d’existence qui sont menacées. Et l’ajout de son nom sur la lugubre liste noire.

*Nom d’emprunt