11/08/2012

Le vol de données bancaires et la moralité

Nous vivons une crise morale

Le quotidien « Le Temps » du jeudi 9 août 2012 nous apprend que les autorités du Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont acheté de nouveaux CD contenant des données volées en Suisse de fraudeurs présumés du fisc. Les CD concernent des clients de l’UBS et d’une autre banque suisse.

Le fait de voler à son employeur (la banque) des données soumises au secret des affaires – en l’occurrence le secret bancaire – est incompréhensible et moralement très difficilement justifiable. C’est un délit punit par notre code pénal.

Mais, comment juger ces employés indélicats ? N’est-ce pas déjà une grande banque de notre pays qui a pratiqué de la sorte en février 2009 en livrant des centaines de clients américains à l’Administration fiscale des Etats-Unis (l’IRS) ?

iStock_000001486480XSmall[1].jpgOn nous a raconté alors qu’il s’agissait de « fraudeurs »… Le problème est que de quelques centaines de clients en 2009 on est passé à plus de 10'000 clients l’année suivante. Autant de gens comme vous et moi que notre pays a « balancé » ou forcé à l’auto dénonciation. Le tout avec l’approbation de notre parlement (juin 2010). L’une des motivations sous-jacentes à cette trahison était l’abandon des poursuites intentées aux hauts cadres de la banque en question pour leurs participations actives à l’évasion fiscale sur sol américain. A condition que l’IRS puisse coincer un minimum de « fraudeurs.»  Ce que les médias du monde entier ont appelé « l’accord de la honte. »

L’image de la Suisse est devenue très peu reluisante. Imaginez… les banquiers suisses s’enrichissant durant des années sur le dos de clients étrangers qu’ils n’hésitent pas à "balancer."

Récemment, on apprenait que la britannique HSBC – depuis sa filiale genevoise - et le Crédit Suisse venaient de livrer les coordonnées de leurs employés susceptibles d’être incriminés pour des activités clientèle sur sol américain, directement ou indirectement. Avec le consentement de notre Conseil fédéral.

Il n’y a donc plus de moralité ni de loyauté ? Où sont passées nos valeurs éducatives et notre sens du devoir et de l’engagement envers les autres ?

Comment la banque qui a réduit, au cours des folles années « bonus », l’employé à l'état de moyen de  production peut exiger de celui-ci un minimum de loyauté, celle-ci ne va pas dans les deux sens ?

En plus d’une crise financière et d’une crise économique, nous vivons une crise morale. La situation est inquiétante.

 

Egalement publié sur www.meylan-finance.ch