27/09/2018

Catalogne : une police au service de la répression indépendantiste !

inma alcolea; françois meylan; solita sevilla; mossos d'esquadraEntretien exclusif avec Solita Sevilla 

François Meylan : Vous avez rejoint il y a quelques mois le Comité Catalunya peuple d’Espagne, basé à Lausanne et fondé pour rétablir la vérité sur l’antagonisme catalan qui a été traité par nos médias de manière à la fois lacunaire et partiale. Vous y exercez une activité bénévole, entre autres, avec le groupe de travail dénonçant l'existence d'une police politique au sein-même de l'autonomie catalane. Qu’en-est-il ?

Solita Sevilla : En Catalogne, lindépendantisme s’est infiltré au coeur même des institutions gouvernementales et les corromp. Ce qui pourrit le climat de travail de nombre de services pourtant dédiés au citoyen. Par exemple, au sein de la police catalane, il y a, à présent, une guerre interne : la moitié des effectifs des Mossos d'Esquadra - la police de l’autonomie - serait indépendantiste, tandis que lautre est restée fidèle à sa prestation de serment. Soit servir et faire observer les lois et les règlements. Ce qui est terrible est que pour grader chez les Mossos, l’endoctrinement politique a plus de poids que les compétences. Ainsi, une quantité de postes à responsabilité sont aujourd’hui occupés par, n’ayant pas peur de le dire, des fonctionnaires de police déloyaux. Quant aux policiers honnêtes - ce qui devrait être la norme - ils subissent mobbing, discriminations et persécutions. Nous entendons le dénoncer.

FM : Vous évoquez l’existence d’une police politique, à l’image de ce qui sert de colonne vertébrale à tout régime totalitaire ?

Solita Sevilla : C’est en effet un outil redoutable au service d’une idéologie totalitaire. Vous pensez comme nous, c’est ok. Vous pensez différemment, vous êtes taxé de fasciste. C’est grotesque. Et pourtant, les policiers incriminés agissent de manière à protéger ce courant de pensée dangereux et rétrograde. Les chefs de police sont tous des hommes politiques de la Generalitat (Administration catalane). Ils profitent de leur position pour anéantir toute opposition au séparatisme au sein de la police. Il est aisé d’imaginer les conséquences sur la population. Quant aux policiers honnêtes, ils vivent des brimades et sanctions répétées. Alors que leurs collègues séparatistes commettent  des actes graves, sans même être inquiétés.

inma alcolea; françois meylan; solita sevilla; mossos d'esquadraFM : Depuis cet été, les témoignages dans le sens de vos propos se multiplent. Vous avez un exemple à nous donner ?

Solita Sevilla : Clairement, c’est celui de la policière Inma Alcolea, que nous suivons aujourdhui. Mossa de Esquadra à Gerona, elle a subit un véritable acharnement : « Ils ont voulu faire de moi un exemple, pour que les autres Mossos non indépendantistes nosent pas agir contre lidéologie séparatiste catalane.» Voilà 16 mois qu’elle vit un véritable enfer. Accusée davoir insulté Carles Puigdemont sur Facebook, elle a été sanctionnée, malgré le fait quelle ait apporté des preuves qui démontraient, quen réalité, c’était sa mère qui avait écrit ce malheureux commentaire. Cette sanction a été doublement alourdie pour avoir crié « viva España » (vive lEspagne) dans sa voiture, un jour de congé, sans uniforme. Il lui a été reproché son manque de neutralité et a ainsi été suspendue deux mois et sans salaire. Ensuite, elle a été mutée à 140 km de chez elle. Comme gardienne de prison, afin d’éviter tout contact avec les citoyens ainsi qu'avec ses collègues.

FM : Vous parlez de deux poids deux mesures ?

Solita Sevilla : Réellement, cette sanction naurait pas été aussi scandaleuse si ce n’était pas à cause du fait que, des centaines de Mossos écrivent chaque jour des insultes sur les politiciens qui sont contre le séparatisme, sur le gouvernement central espagnol, sur des magistrats, et quils publient des photos deux en votant dans un référendum déclaré illégal par le Tribunal constitutionnel de Barcelone. Les Mossos d’Esquadra, la police nationale ainsi que la guardia civil (c'est la gendarmerie) ont tous reçu le même ordre dempêcher le référendum illégal, de retirer les urnes et didentifier les organisateurs de cette violation, à la fois, de la Constitution et du Statut de l'autonomie. Sachant que tous les policiers sont tenus d’être policier 24/24h, même en dehors des heures de service, certains ont participé à cette mascarade et ont fait preuve d'une totale déloyauté vis-à-vis de l'Etat nation et du vivre ensemble. 

On a même vu un Mossos de la ville de Gerona poster sur son compte personnel des centaines de Twits haineux. Dans lesquels il a insulte M. Miguel ICETA et Mme Ines ARRIMADAS, tous deux députés au parlement catalan. D'autres ont traités les tribunaux espagnols de menteurs ou ont qualifié les agents de la Guardia Civil de criminels. Pire, on a vu sur passer sur les réseaux sociaux des incitations à la haine à la rébellion de la part d'agents de police qui ont pourtant prêté serment et sont payés par l'Etat pour être policiers de tous les Catalans. incitations a la rébellion. 

Il est grand temps de ce demander si pareille police déloyale est acceptable au sein de l'Union européenne comme en Espagne d'ailleurs.

Genève, septembre 2018