20/09/2018

Barcelone, la police politique de Quim Torra sabote une manifestation !

010FCC66-F3CE-430D-88E8-694E29B7728C.pngLe point de la situation avec Nicolas Klein...

FM : Dimanche passé, une manifestation pacifique et autorisée contre la discrimination linguistique a été interrompue en raison d’indépendantistes radicaux. La police n’a rien fait. Au contraire, elle s’est rangée aux côtés des perturbateurs. Est-ce habituel ?

Nicolas Klein : Il s’agit du premier exemple de manifestation autorisée qui est ainsi bloquée et détournée dans son parcours par des éléments radicaux qui, eux, n’avaient pas le droit de se rassembler. Les personnes qui marchaient contre la discrimination linguistique dont souffrent les hispanophones de naissance en Catalogne devaient en effet terminer leur manifestation sur la plaça Sant Jaume, lieu central de Barcelone qui abrite, face à face, le Palais de la Généralité (siège de la présidence régionale) et la mairie de la ville. Des groupuscules séparatistes radicaux ont décidé d’investir cette place sans en avoir reçu l’autorisation afin d’empêcher leurs adversaires de s’y rassembler. Ce comportement est bien entendu strictement illégal mais, au-delà, il témoigne d’une conception très particulière de la démocratie et du droit de manifestation, conception dont les indépendantistes se sont ensuite vantés sur les réseaux sociaux : ils voulaient protéger « leurs » institutions et « leurs » symboles.
L’on a donc affaire à une appropriation totalement scandaleuse de la démocratie en Catalogne au profit de quelques-uns, ceux qui ont l’heur d’être du côté des séparatistes. Ce phénomène n’est en rien une nouveauté mais il s’est exprimé de façon « novatrice » dimanche dernier. Depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies, en effet, la communauté autonome glisse progressivement vers une sorte de démocratie à la carte où les unionistes et les hispanophones de naissance sont discriminés chaque jour un peu plus, menacés verbalement ou physiquement, agressés, etc. La manifestation contre la discrimination linguistique n’en est qu’un exemple supplémentaire.
Quant à la police autonome catalane (les Mossos d’Esquadra), elle est dirigée et noyautée depuis un moment déjà par des agents et officiers qui font passer leurs convictions politiques (l’indépendantisme) avant le respect de la loi et des droits des citoyens. C’est là aussi illégal et honteux – mais nous n’en sommes malheureusement plus à cela près en Catalogne…

EED40CDD-B96C-4C68-87FB-EF050CC1E1DC.jpegFM : Peut-on dire que le leader indépendantiste Quim Torra emploie la police pourtant payée par le Ministère de l’Intérieur comme police politique ?

Nicolas Klein : C’est en tout cas l’impression qu’ont les Catalans non séparatistes (qui, aux dernières nouvelles, restent majoritaires en voix dans la communauté autonome). Les exemples de manquements au règlement et aux lois en vigueur (ou tout simple à la décence la plus élémentaire) de la part des Mossos d’Esquadra sont légion.
L’on a récemment appris, dans le cadre de l’enquête judiciaire concernant l’organisation du référendum séparatiste illégal du 1er octobre 2017, que les membres de la police autonome régionale avaient reçu l’ordre d’arrêter pour « attentat et résistance » les citoyens qui se rendraient dans les bureaux de vote avec un drapeau espagnol. L’on est ici dans le pur délit d’opinion, ce qui est l’un des nombreux exemples de la façon dont les indépendantistes conçoivent une hypothétique Catalogne séparée du reste de l’Espagne…

EF0D2806-C1B9-452B-8F3E-C632794788F0.jpegFM : Une solution ne serait-elle pas de dissoudre ce corps armé de 17 000 policiers qui est manifestement gangrené, pour ne pas dire ripoux en partie ?

Nicolas Klein : C’est une revendication que l’on retrouve de plus en plus au sein de la population espagnole en général et chez les Catalans attachés à l’Espagne en particulier. Ce corps de police, payé davantage que la police nationale ou la Garde civile à poste égal, pose de plus en plus de problèmes. Les divisions s’accentuent en son sein entre indépendantistes et anti-indépendantistes, les agents et officiers sont utilisés comme gens d’armes par les dirigeants séparatistes, ils ont prouvé leur inefficacité et la dangerosité de leurs actions lors de l’enquête sur les attentats de Barcelone et Cambrils des 17 et 18 août 2017, etc.
Mais quel homme politique espagnol aura le courage de mener à bien leur dissolution ou leur reprise en main totale par l’État central ?