19/04/2018

Mondial de foot en Russie : contenir les ultras sera un vrai défi !

DEE68562-1390-4323-AAD3-35EF1B77D223.jpeg*Jeudi dernier, en visite au sein de l’Athletic Club de Bilbao, Pays basque espagnol, la thématique du houliganisme était encore sur toutes les lèvres. Et pour cause, ce jeudi noir 22 février 2018 où la rencontre de 16ème de finale retour de la Ligue Europa opposant l’Athletic Club au Spartak Moscou mis la ville de Bilbao en état de siège. Les supporters russes sachant qu’ils allaient être accueillis sèchement par ceux de l’Athletic y envoyèrent leurs éléments les plus galvanisés. On garde encore en mémoire la méga bagarre, en marge de l’Euro 2016 de football en France. Au cours de laquelle une poignée de supporters russes ont non seulement bondit sur un groupe de supporters anglais numériquement supérieur mais l’ont mis en pièces. Luca Andreolli, correspondant du magasine VSD, précisait, le lendemain : « Depuis des années, les grands rendez-vous footballistiques voient les supporters que l’on qualifie « d’ultras » ou de « hooligans » se mesurer dans ce que l’on pourrait prendre pour un championnat de la baston. Et ce sont les ressortissants de la patrie des tsars qui tiennent le haut du pavé. » 

Néanmoins, dans l’enceinte du stade basque de San Mamés, mes interlocuteurs basques ne démentent pas non plus que leurs supporters traînent eux aussi une réputation de bagarreurs. Les aficionados des clubs français du PSG (2011) comme de l’OM (2016) en gardent encore le triste souvenir. Aussi la soirée du 22 février s’annonçait à haut risque. Si les coups, les blessures et les interpellations ont inévitablement eu lieu, les 500 policiers réquisitionnés pour l’occasion ont pu éviter le pire... à savoir le chaos. Ce qui appelle à s’intéresser, à quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du Monde en Russie, au fonctionnement de leurs ressortissants «ultras. » En premier lieu, il s’agit de groupes d’hommes s’entraînant au combat rapproché en forêt et dans les lieux à l’abri des regards : des salles de sports ou encore des parkings. Chaque membre est initié par un mentor qui veillera à le garder en vie lors des différents combats initiatiques, au sein de la bande. Ils tirent profit des rencontres de foot de haut niveau pour en découdre avec un autre groupe « ultra. » Tout y est permis - poings, coups de pieds, barre de métal, etc. - sauf d’aller jusqu’à provoquer la mort. Ce qui arrive tout-de-même occasionnellement. C’est un stupéfiant déversement de haine et de violence. Cela se passe généralement à l’issue du match ou avant mais toujours à l’extérieur du stade. La doctrine sous-jacente est précisément la suprématie du clan et la haine de l’étranger ou de l’autre. En particulier celle d’une Europe faible et souillée par l’immigration. Selon le média Sputnik, ces groupes de fans sont surveillés par le FSB - le Service fédéral de sécurité en Russie et héritier du KGB. Les autorités savent, quand il le faut ou plutôt quand elles l’estiment nécessaire, punir sévèrement avec des interdictions d’accès au stade et des peines de prison. Il arrive fréquemment que les leaders « ultras » soient contactés la veille de la rencontre par un policier qui leur rappelle ce qu’ils encourent de se rendre au match. À n’en pas douter, après les débordements du dernier Euro foot et l’exclusion de sa fédération olympique cet hiver en Corée du Sud, Vladimir Poutine fera sienne la priorité de museler tout écart lors du prochain Mondial. Avec l’implacabilité qu’on lui connaît et quelque soit l’origine des perturbateurs. Le monde des « ultras » et des « houligans » est prévenu.

*François Meylan, de retour de Bilbao (E)

Texte publié dans « Les Libéraux »