05/05/2021

Telefonica : que penser du géant de la téléphonie espagnol?

CFEE4329-D483-43BE-BB80-E2B11B753572.jpegAu cours de la décennie 90, la seule entreprise européenne dans laquelle investissait le gérant star Peter Lynch de la maison Fidelity était Telefónica. L’opérateur historique espagnol qui couvrait également une part importante du marché d’Amérique latine, avec un total de 500 millions de clients. Seulement voilà, la folie des dotcoms; l’éclatement de la bulle technologique et les diversifications dispendieuses ont placé l’opérateur téléphonique dans une situation d’endettement massif. Jadis étoile de l’IBEX35, le principal indice boursier ibérique, Telefonica pourrait ressembler à un ange déchu. C’est sans compter sa capitalisation boursière qui a été divisée par dix en l’espace de deux décennies. Pourtant, la compagnie présidée par José María Álvarez Pallete qui n’a cessé de distribuer de juteux dividendes et accroit ses droits de télévision offre un bon potentiel de récupération.

Natalie Obregón, journaliste économique free-lance, vient de le communiquer : Telefonica aura les droits de la Bundesliga allemande jusqu'en 2024. Une annonce qui aura lieu officiellement dans les prochains jours et que le quotidien Voz Populi rend déjà publique. Une bonne affaire qui s’est faite aux enchères, avec un rabais qui se situerait entre 10 et 15%, en raison de la pandémie. Nous parlons d'un chiffre qui oscillerait autour des 240 millions que Deloitte a évalué et qui est à des années-lumière de ce que représente les 900 millions du championnat de football espagnol ou les 840 millions du championnat italien. Certes, mais l’opérateur ne s’arrête pas en si bon chemin dans la diversification de ses revenus. Il a conclu, par l'intermédiaire de Media Networks Latin America, l'une de ses filiales, un accord avec Hispasat pour offrir des services de télévision payante par satellite aux clients de Movistar, principal réseau du mobile ibérique. Selon Telefonica, cet accord lui permettra de maintenir son attention sur le déploiement de la fibre optique et d'accroître la connectivité mobile avec les réseaux de nouvelle génération. Côté 5G, le groupe espagnol compte beaucoup sur sa collaboration avec Nokia.
Pour Reuters, le prix cible de l’action Telefonica est de 4,65 euros, contre quelques 3,9 euros actuellement. Le mois dernier, Bank of America a estimé une juste valeur à 5,4 euros par titre. Le concurrent américain Goldman Sachs quant à lui a un cours cible à 4,1 euros par action. Alors que la banque britannique Barclays évalue le sien à 4,2. Tous deux sont neutres sur le titre, tandis qu'Alantra recommandé l'achat avec un objectif de 4,45 euros par action. L’établissement bancaire Credit Suisse se montre quant à lui plus prudent avec un prix à 3,8 euros.
Néanmoins, le rythme de désendettement du groupe sera, encore longtemps, au centre des débats des séparatistes de l’investissement. La politique extraordinairement « dangereuse » des taux d’intérêt au plancher, voire négatifs, au cours de la dernière décennie à certes encouragé une exposition stratosphérique à la dette. Soit plus de 38 milliards d’euros !

Un regain de tension sur les taux et une hausse des impôts voulue par le gouvernement social-communiste Sanchez pour faire face aux coûts de la crise sanitaire agiront comme une épée de Damoclès sur la trésorerie de Telefonica. 

Lire également Nicolas Klein, spécialiste de l’Espagne :

« Telefonica de l’essor au déclin ? »

https://www.revueconflits.com/telefonica-de-lessor-au-declin/

 

 

07/04/2021

L'impôt qui n'a pas été perçu est perdu à jamais.

Il est indéniable que nous avons mangé notre pain blanc. Les conditions économiques vont considérablement se durcir et ce à tout niveaux. Aussi, il est regrettable de constater la somme d'impôts qui n'a pas été perçue au cours de la décennie d'exemption spéciale autorisée par l'Arrêté Bonny. Notons que notre canton en a usé et abusé. De Vale à St-Prex (VD) à Yahoo à Rolle (VD) en passant par Monsanto à Morges, ce sont des dizaines d'entreprises - multinationales - qui ont bénéficié de la franchise d'impôt. Pourtant, entre payer rien du tout, payer 7% d'impôts comme cette PME lausannoise active dans le négoce des matières premières au Brésil et 22% comme la plupart des commerçants locaux qui triment au quotidien et parce qu´ils sont du cru et qu'ils seront encore là demain, il y a un spectre de possibilités que l'Etat de Vaud ne semble pas avoir exploité. Ces multinationales ont certes créé des emplois. Mais elles ont également engendrés des coûts d'infrastructure considérables. Il est utile de rappeler que ceux-ci prennent, pour le moins, vingt ans à être amortis. Soit bien plus longtemps que la durée moyenne escomptées de ces entreprises dans notre pays. Notre région qui bénéficie de conditions cadre tout azimuts qui sont exceptionnelles au monde ne s'est pas faite en un jour. Et la multinationale qui n'est venue s'installer sur nos terres que pour des considérations fiscales n'aurait pas du être accueillie. La gratuité n'a jamais été synonyme d´évolution économique ni de prospérité. Que l'on arrête de nous bassiner comme le fait encore, récemment, Pierre-Gabriel Bieri du Centre Patronal : "lorsqu´on évoque les sociétés bénéficiant de statuts fiscaux privilégiés, il faut se souvenir du rôle qu'elles jouent en matière de recettes fiscales, de valeur ajoutée et d'emplois."

Des milliers d'entreprises remplissent en Suisse ces fonctions clé. Beaucoup le font depuis plusieurs générations et toutes en s'acquittant convenablement de l'impôt.

 

Gottlieb Duttweiler un vrai libéral

Gottlieb.jpgA l'heure où la notion de libéralisme est trop souvent galvaudée par une poignée de "managers mercenaires" qui pensent avant toute chose à leurs bonus et autres doctrinaires, il est de bon ton de se rappeler qui était le fondateur de l'une des plus grandes et prospères entreprises du pays... la Migros.

Le libéral suisse Gottlieb Duttweiler - un vrai constructeur de ponts - vit le jour à Zurich, le 15 août 1888. Il fonda la Migros, avec cinq camions de vente Ford T, le 25 août 1925. Ses véhicules transportaient dans les quartiers les produits de base tels que le café, le riz, le sucre, les pâtes, la graisse de coco et le savon. Pionnier et visionnaire, Gottlieb "Dutti" Duttweiler avait décidé de révolutionner le commerce des denrées alimentaires. Témoin de la faillite de son père, en mal avec les banques, Dutti avait décidé de se passer de ces dernières et reçu l'appui financier des Femmes radicales de Zurich. Il ne cessa de développer son entreprise Migros et si au départ il fut la bête noire des partis politiques, des industriels et des syndicalistes, il pu rapidement s'appuyer sur les ménagères qui intuitivement ont reconnu la Migros comme leur alliée. Cette entreprise accessible qui proposait simplement des produits de bonne qualité à bon marché.

"Dans le monde moderne, le succès appartiendra à ceux qui sauront construire un univers d'idées autour de leur entreprise"

L'homme entrepreneur, libéral et humaniste est régulièrement honoré pour son génie commercial, sa persévérance, sa combativité, son audace et son sens aigu de la responsabilité sociale. C'est ainsi qu'en 1940, Duttweiler fait cadeau de l'oeuvre de sa vie au peuple suisse en faisant de la Migros une coopérative.

Sur le plan politique, Dutti crée le journal Die Tat, met sur pied le parti Alliance des Indépendants et est élu au Conseil national (1935). Homme de conviction ne souffrant pas le compromis, il s'en retire en 1940 en réaction à un discours du Conseiller fédéral Marcel Pilet-Golaz qui souhaitait se rapprocher de l'Allemagne nazie. Mais, Dutti sera réélu en 1943.

Le 8 juin 1962, Gottlieb Duttweiler décède. Ses funérailles, qui ont lieu à l'église Fraumünster à Zurich, sont retransmises dans trois autres églises.

On lui attribue également la création de l'hebdomadaire "Brückenbauer" - aujourd'hui Migros Magazine - le premier magasin libre-service de Suisse, le pourcentage culturel de la Migros, en 1957, une première mondiale, le refus de la vente d'alcool et de tabac et la formation pour tous.

MERCI Dutti !