10/08/2019

Catalogne : la bourde du « Monde diplomatique » qui fait la promotion de Marie-Christine Jené !

1C1DA770-41E4-47A3-8A3C-73B89500FBEC.jpegOn ne pouvait pas faire plus grossier ni plus débutant que de promouvoir la fabulatrice Marie-Christine Jené pour parler de la crise catalane. La thématique est beaucoup trop sérieuse !

Le « Monde diplomatique » l’a fait. C’est incompréhensible. Nous allons écrire à sa rédaction. Pour comprendre.

En attendant, nous avons contacté le journal, ce vendredi 9 août 2019, à deux reprises, par le biais du formulaire en ligne « courrier des lecteurs » et par Messenger. 

42DE3A0C-3909-49CB-9F9E-E142C30E1EA3.pngNombreux sont les Twits et les posts Facebook de Jené qui démontrent combien elle n’est en rien objective ni crédible sur la crise catalane et qu’elle appelle à la haine, à chaque occasion qui se présente. Qu’elle nage en plein fantasme. Fustigeant à tout va.

 

 

 

marie-christine jené crise catalane,marie-christine jené fabulatrice,marie-christine jené discréditéeEntre hurler sa haine contre Manuel Valls et tous ceux qui ne pensent pas comme elle; qualifier d’extrême-droite le parti politique du centre espagnol qu’est Ciudadanos (Cs); tenter de discréditer la correspondante du journal « Le Monde », à Madrid, Sandrine Morel; fustiger la maire de Barcelone parce que celle-ci accepte sa réélection et qu’elle n’est pas indépendantiste; confondre le Tribunal suprême avec la dictature franquiste et me qualifier moi-même, dans ses Twits - sans même me connaître, de dangereux spécimen, d’élément d’extrême-droite et de collabo des services secrets - on se demande d’ailleurs lesquels - Marie-Christine Jené ne fait plus même sourire.

Sa bêtise fait peur ! 

 

0C2DF925-F2C4-45EB-A8F2-00CD426E2B2B.pngElle a été rappelée à l’ordre ce vendredi 9 août 2019, par le biais de son compte Messenger. Elle s’expose en effet à des poursuites pénales pour apologie de la haine et pour calomnie à mon endroit. 

En outre, si ce personnage ne mérite de loin pas que nous lui accordions plus de temps, c’est avec la Rédaction du « Monde diplomatique » que nous comptons nous entretenir.

Affaire à suivre 

François Meylan, président et fondateur de « Catalunya peuple d’Espagne » (CPDE), Lausanne, association apolitique, à but non lucratif et enregistrée au Registre du commerce (RC) qui lutte contre le suprémacisme et le nationalisme dans l’autonomie catalane. 

 

04/08/2019

À nouveau, un haut cadre de l’Université de Genève (UNIGE) en soutien aux putschistes !

B7C86453-4CB0-41E7-9FF7-7C6AE992FABB.jpegOn a encore en mémoire l’implication, contre généreuse rétribution, au profit de l’appareil séparatiste catalan du professeur Nicolas Levrat, de l’Université de Genève (UNIGE).  À présent, c’est son collègue le professeur Mathieu Crettenand qui sort  du bois. Combien a-t-il été payé pour établir un rapport orienté et partisan ? Nous ne le savons pas encore. Un e-mail lui a été adressé, dans ce sens, en date du 12 juillet 2019, à 17:02. Nous attendons toujours sa réponse. Vous trouverez copie de cette missive à la fin de cet écrit. 

21A99CBA-B3C7-4DCF-9C8C-530D143A3F8A.jpegMais revenons sur quelques points du rapport Crettenand, repris ce jour, sur le blog en
ligne « L’1DEX » que l’avocat et notaire Stéphane Riand - une particularité valaisanne. Il l’a fondé en 2011 pour son épouse catalane séparatiste Béatrice Riand dont la relation avec l’appareil séparatiste catalan - en particulier avec l’ANC de Gérone (E) - n’est plus à plus à démontrer. Les Twits pullulent sur les réseaux.

En aparté, la question posée au sein de la communauté Twitter, avec de plus en plus d’insistances, est quels sont les liens entre le couple Riand et l’alias suprémaciste « Gabriel Laflèche » ? Celui-ci qui n’a pas le courage d’assumer avec sa véritable identité ses propos haineux et ses appels à l’affrontement. L’alias « Gabriel Laflèche » est publié et encouragé sur le chemin de la provocation par le « rédacteur » Riand dans « L’1DEX ».

 

Ci-après, nos premiers commentaires du rapport Crettenand : 

1) Monsieur Crettenand mentionne d’emblée et à deux reprises avec le terme « référendum ». Hors nous savons qu’il n’y a pas eu référendum en bonne et due forme mais mise en scène dans le cadre d’une opération de guerre de la communication. Il est à déplorer qu’elle a plutôt bien réussi; 

2) Selon le professeur, tout a commencé en octobre 2017 avec des urnes arrivées de Perpignan et des violences policières. Il ne se pose pas même sur la légitimité que les urnes arrivent de l’Occitane voisine. Ni ne fait cas des violences organisées par les leaders séparatistes qui furent bien réelles. Par ailleurs, tout à commencé au minimum par la tentative de coup d’État des 6 et 7 septembre de la même année;

https://leblogdefrancoismeylan.blog.24heures.ch/archive/2019/07/29/comprendre-la-tentative-de-coup-d-etat-en-catalogne-867758.html

3) Dans son analyse, Crettenand invoque l’application de l’article 155 de la Constitution - l’équivalent de l’art. 37 de la Constitution allemande est le me - comme une volonté de vouloir reprendre le contrôle politique de la Catalogne. Ce n’est que peu connaître la réalité du terrain que d’écrire cela. Le contrôle de l’autonomie catalane n’a jamais été perdu. Pour preuve, la majorité sociale est toujours restée non indépendantiste; 

4) On lit dans son rapport : « Jusqu’à présent, lors des auditions des prévenus et premiers témoins, tout montre que les intérêts de Barcelone et Madrid sont inconciliables. » C’est affligeant ! Premièrement, Barcelone n’est pas indépendantiste. Madrid n’est que la ville où siège le gouvernement espagnol mais l’Espagne est composée de 17 autonomies. Toutes avec un degré d’autonomie propre et renégociable périodiquement. On le voit l’Espagne est un ensemble et on ne parle pas, dans le cas d’espèce, d’un Clasico de foot Réal Madrid - FC Barcelona. On est en droit d’attendre une analyse plus fine de la part d’un professeur de l’Université de Genève (UNIGE);

5) Il ne précise pas non plus qui est l’International Trial Watch (ITW) derrière qui on trouve le lobbyiste de la Carrer de la Diputació 276 de Barcelone Òmnium Cultural qu’il écrit dans son rapport : Omnium Cultura;

6) Crettenand explique que le fait que le jugement se fasse à Madrid - Tribunal suprême - et non à Barcelone démontre également la nature politique du procès. Quel argument farfelu... Doit-on rappeler que la plus haute cour de justice en Suisse se trouve à Lausanne ? Est-ce que cela voudrait dire qu’un cas survenu à Bâle deviendrait automatiquement politique parce qu’il est jugé par le Tribunal fédéral de Lausanne, en dernière instance ?

7) Le professeur écrit aussi : « Sceptique par rapport au développement du modèle fédéraliste, le pouvoir central s’arrime fermement à la Constitution pour maintenir unie les identités nationales composant l’Espagne. » Monsieur Crettenand semble ignorer que la décentralisation de l’Espagne n’a rien à envier à la Suisse. Que l’éducation est même plus décentralisée en Espagne qu’en Suisse. Que le premier accepte des formations politiques qui seraient interdites partout en Europe.

François Meylan

——

CATALOGNE. L’OPINION D’UN OBSERVATEUR SUISSE AU SUJET DU PROCES DES PRISONNIERS POLITIQUES A MADRID

 

(PAR DR. MATHIEU CRETTENAND, UNIVERSITE DE GENEVE)

 

Rapport d’observation du procès

3 JOURS D’OBSERVATIONS : 26, 27 ET 28 FÉVRIER 2019

Titre : Le procès sur le référendum marque les limites pour l’indépendantisme catalan

Tout a commencé en octobre 2017 avec l’entrée d’urnes de vote depuis Perpignan pour le referendum
sur l’indépendance de la Catalogne. Le jour du referendum, on se rappellera des scènes de violences
proches des locaux de vote, où la police espagnole a tenté par la force d’empêcher la tenue de la
consultation catalane. On se remémora également, l’application de l’article 155 de la Constitution
espagnole par le gouvernement de Madrid pour reprendre le contrôle politique de la Catalogne.
Depuis le 12 février, à Madrid, le Tribunal suprême est le théâtre d’un huis clos haletant sur les libertés
politiques et civiles en Espagne. En effet, la plus haute institution judiciaire du pays accueille le « procès
du siècle » contre des leaders indépendantistes catalans, qui revient sur ces événements qui ont
changé la Catalogne. Il devrait durer trois mois.

Ayant eu l’opportunité de suivre ce moment historique en intégrant la délégation d’observateurs
internationaux organisée par International Trial Watch, ce procès constitue l’épilogue de l’organisation,
en 2017, d’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Il démontre de manière explicite et très
détaillée, la difficulté des autorités espagnoles à mener des discussions institutionnelles sur la question
de l’autodétermination des régions. Même si la troisième semaine du procès, avec les auditions de
l’ancien président du gouvernement, Mariano Rajoy et de plusieurs de ses ministres, ont permis de
relativiser le délit de rébellion, l’avenir politique de l’indépendantisme se joue indubitablement ces
prochaines semaines à Madrid.

Placés en détention depuis plus d’un an pour la majorité, les accusés doivent faire face à des demandes
de peines sévères du parquet – entre 7 et 25 ans de prison – pour des délits de rébellion, de sédition
et de malversation financière. Confronté aux faits reprochés, plus proche de la désobéissance civile
que de la rébellion, nombre de voix s’indignent de la tenue d’un procès hautement politique. En effet,
tous les ingrédients sont présents pour donner à ce procès un caractère exceptionnel. Premièrement,
le fait que les accusés soient des hommes et femmes bénéficiant d’une grande notoriété en Catalogne,
pour la plupart d’anciens membres de l’exécutif régional. Ensuite, par le fait que ce procès se joue à
Madrid et non en Catalogne, avec la présence surprenante du parti populiste émergent de Vox dans
l’accusation populaire. Enfin, par le contenu des auditions, où se confrontent des éléments éminemment
politiques relatifs aux négociations sur le droit à décider de la Catalogne.

Aux côtés des observateurs internationaux et de la presse, on remarque également la présence de
politiciens dans le public, notamment des députés nationaux, régionaux et européens, et la présence,
parfois, du président de la Catalogne, Quim Torra.

Jusqu’à présent, lors des auditions des prévenus et des premiers témoins, tout montre que les intérêts
de Barcelone et de Madrid sont irréconciliables. Le parquet s’efforce à construire le portrait de femmes
et hommes politiques déterminés à déstabiliser l’Espagne, et qui ont utilisé l’organisation du
Referendum, pour mobiliser la foule contre le pouvoir central et les forces de l’ordre. Si l’on peut avoir
des doutes sur la pouvoir de conviction de l’accusation sur ces points, elle a réussi à renforcer la figure
de leader pour la liberté, à l’image de Jordi Cuixart, ancien président de Omnium Cultura, qui a déclarer
que son « premier objectif n’est plus de sortir de prison, mai de défendre la liberté d’expression, la
liberté et la démocratie. » Il a terminé son interrogatoire, en réitérant le « No pasarán !», poème
d’Apel·les Mestres , qu’il avait utilisé dans une manifestation peu avant le jour du Referendum.
Par sa déclaration, il a réussi à inscrire, dans ce procès, la revendication du droit fondamental à
manifester.

Durant le procès, le juge Manuel Marchena Gómez s’efforce de garantir un équilibre entre les droits de
l’accusation et de la défense. Plutôt bienveillant avec les accusés (dans ce cas Jordi Cuixart et Carmen
Forcadell), il se montre, par contre, très stricte avec les témoignages qui visent à revenir à l’essence
politique du procès sur le droit à l’autodétermination. A l’approche des élections générales en Espagne,
le juge Marchena essaie à tout prix de ne pas faire de ce procès une vitrine politique pour
l’indépendantisme.

Pourtant, force est de constater la nature politique du procès contre les dirigeants indépendantistes. La
« bulle juridique » que représente la scène du Tribunal suprême ne doit pas faire oublier la question la
culture politique sur la question de l’autodétermination des régions en Espagne, en mettant en exergue
le paradoxe que la Monarchie espagnole reconnait dans sa constitution l’existence de « nationalités
historiques » mais nie leur droit à l’autodétermination. En effet, les gouvernements espagnols successifs
se sont opposés à la mise en place de schémas de consultation permettant aux citoyens basques et
catalans de décider de leur avenir politique. Ces interdictions légales (Plan Ibarretxe/modication du
statut d’autonomie catalan) et par la force amènent de nombreuses tensions identitaires et politiques. Il
s’agit, à priori, de politiques antidémocratiques où la force empêchent la tenue de consultations
d’autodétermination.

Historiquement, les gouvernements espagnols, dans sa lutte contre les séparatismes, l’Espagne s’est
évertuée à délégitimer le conflit des Basques pour l’autodétermination en vertu de la lutte contre le
terrorisme. Le Pays Basque a ainsi, constitué, une sorte de laboratoire répressif, au niveau policier et
de la justice, dont les nationalistes catalans en font actuellement l’expérience. Ainsi, au début des
années 2000, il faut se rappeler que plusieurs organisations politiques et sociales ainsi que certains
médias basques ont été accusés et régulièrement condamnés pour des liens avec l’ETA.
La législation antiterroriste espagnole a amené des restrictions aux droits démocratiques. En effet,
depuis 1998, la lutte contre le terrorisme de l’organisation ETA a conduit la justice espagnole à
entreprendre des procédures pénales à l’encontre de nombreuses organisations partisanes du projet
nationaliste en vue de les interdire.

Force est de constater que la suspension de l’autonomie de la Catalogne par le Gouvernement,
conformément à l’article 155 de la Constitution espagnole et le procès contre les dirigeants
indépendantistes catalans, n’est qu’un exemple supplémentaire de la judiciarisation de la politique dans
le pays. Cet élan criminalisant est renforcé dans l’arène médiatique dans laquelle s’opposent les
différents agents politiques et sociaux. D’une manière générale en Espagne, sur les questions
identitaires, la presse a plutôt tendance à jeter de l’huile sur le feu. L’exemple du conflit basque –
confirmé aujourd’hui par la crise catalane -, montre que le discours politique contamine fortement celui
de la presse. Ainsi, nombre de journaux «espagnolistes» contribue à criminaliser les mouvements
nationalistes. Placer les dirigeants en prison et organiser des procès contribuent à la « criminalisation »
de ces mouvements aux yeux de l’opinion public. Les médias accentuent cette perception.
En Espagne, ce qui surprend, ce n’est pas tant la ferveur indépendantiste en Catalogne ou au Pays
Basque, mais bien le manque de pragmatisme du gouvernement espagnol face au défi séparatiste.
Sceptique par rapport au développement du modèle fédéraliste, le pouvoir central s’arrime fermement
à la Constitution comme unique formule pour maintenir unie les identités nationales composant
l’Espagne. L’argument est identique lors de chaque nouvel emballement nationaliste : le risque de
morcellement de l’Espagne. S’ensuit une stérilité du débat politico-médiatique sur cette question,
opposant des rhétoriques déjà amplement connues.

Ainsi, sur les questions identitaires, l’Espagne a beaucoup de mal à mener des débats institutionnels,
ouverts et pacifiques. Même si le juge Marchena tente désespérément de limiter la portée politique du
procés, cette fragilité démocratique caractéristique de l’Espagne remplit de sa présence le Tribunal
suprême. Pourtant, d’autres perspectives politiques telles que l’approche britannique avec les questions
écossaise ou irlandaise, ou encore le Brexit montrent différentes manières dont les Etats peuvent gérer
les demandes indépendantistes. Quel que soit l’issue du procès, étant donné les rapports de force
politiques actuels en Catalogne et au Pays Basque, l’Espagne semble condamner à faire face aux
mêmes défis.

—-

Mon e-mail du 12 juillet 2019

Monsieur Crettenand,

Nous avons appris que vous êtes impliqués au profit de l’InterTrialWatch (ITW) - lobby derrière lequel on trouve l’appareil séparatiste Òmnium Cultural.

Pour notre part, enregistré en Suisse avec siège à Lausanne, nous enquêtons, avec le concours de la majorité sociale catalane, sur la tentative de coup d’État des 6 et 7 septembre 2017.

Sur les événements qui l’ont précédée et sur les conséquences aujourd’hui notables pour la population de l’autonomie catalane qui semble être durablement déchirée.

Aussi votre engagement auprès de l’appareil séparatiste catalan dont certaines de ses composantes agissent en dehors des lois et des règlements nous a surpris.

Nous prenons la liberté de vous questionner, à la fois, sur vos motivations que sur l’ampleur de votre rémunération pour ce mandat, le cas échéant.

Nous tenons également à vous informer que le présent échange ainsi que vos éléments de réponse seront à disposition du public.

Dans l’attente de votre retour, nous vous prions de croire, Monsieur Crettenand, en l’expression de notre plus parfaite considération.


François Meylan
Pour le Comité
Catalunya peuple d’Espagne (CPDE)
Lausanne
Suisse

28/04/2019

Endoctrinement scolaire dans l’autonomie catalane, un professeur s’insurge... il est mis à pied !

2B6D2D93-F095-414A-B5B6-FF421891236A.jpegEntretien exclusif avec le professeur et spécialiste de l’Espagne Nicolas Klein : 

FM :Vous évoquez, sur le très suivi blog « Actualité et réflexions sur l’Espagne », que la Cour constitutionnelle espagnole vient d’apporter des garanties supplémentaires à la Loi catalane sur l’Éducation. Qu’en est-il ?

Nicolas Klein : En effet, une sentence a été rendue par la Cour constitutionnelle à la fin du mois d’avril 2019 à ce sujet. Cette décision apparaît un peu contradictoire car, d’un côté, les promoteurs du recours sur lequel la Cour a eu à se prononcer ont vu l’un des points les plus polémiques de la Loi catalane sur l’Éducation validé – à savoir celui concernant la place de l’espagnol et du catalan dans l’enseignement public régional.

La langue de Cervantes est en effet largement marginalisée dans ce domaine (à peine deux heures d’enseignement en espagnol dans le système secondaire catalan) alors que la majeure partie des Catalans sont hispanophones de naissance et que les parents d’élèves (ou même certains professeurs) se plaignent amèrement de ces dispositions. Or, la Cour constitutionnelle n’a retoqué aucune législation de la Généralité de Catalogne à ce sujet.

En revanche, elle a réaffirmé la nécessité d’une évaluation objective des compétences des élèves en langue espagnole (l’on sait que les tests menés à bien par les autorités catalanes sont souvent manipulés) afin que les savoirs de base soient acquis de façon uniforme sur l’ensemble du territoire espagnol.

Il s’agit d’une garantie au moins théorique dans le domaine. Pourtant, il n’est pas certain qu’elle suffise à faire respecter dans la pratique les droits linguistiques de la majeure partie des citoyens et élèves catalans. De fait, les promoteurs d’un bilinguisme strict à l’école publique catalane (50 % des cours en catalan, 50 % en espagnol) se sont dits déçus et inquiets après la révélation de la dernière sentence de la Cour constitutionnelle. Ils ne peuvent pour le moment compter que sur leurs propres forces et sur le soutien de la Cour supérieurede Justice de Catalogne (TSJC), qui a régulièrement statué en leur faveur.

FM : D’autre part, nous venons d’apprendre les déboires du professeur Francisco Oya. Qu’en-est-il exactement ?

Nicolas Klein : L’affaire Francisco Oya a en effet beaucoup fait parler d’elle et renforce le sentiment d’abandon d’une partie substantielle de la population catalane. Professeur d’histoire au lycée Joan-Boscà de Barcelone, Francisco Oya a été mis à pied en avril dernier pour une durée de dix mois, avec suspension de salaire.

Il s’était en effet ouvertement opposé à l’endoctrinement des élèves de Catalogne (qui est un vrai problème très inquiétant) et à la manipulation des programmes d’histoire dans la communauté autonome (qui est là aussi scandaleuse).

Il fait partie de ces citoyens catalans, de plus en plus nombreux, qui prennent la parole en public et s’organisent pour faire face à un processus totalitaire de réécriture de l’histoire et de manipulation de la conscience des élèves et étudiants. La sanction qui le frappe est aussi l’un des exemples les plus flagrants de la persécution que subissent tous les Catalans (et en particulier les fonctionnaires) qui osent protester un peu trop fort contre l’autoritarisme de la Généralité. Un autre ancien professeur catalan, Dolores Agenjo, pourrait elle aussi en témoigner…

FM : Quelles sont ses possibilités de recours tant sur le plan national que supranational ? On touche là au droit fondamental à l’éducation ?

Nicolas Klein : En effet, il s’agit de respect du droit, de la Constitution et des libertés individuelles – un dernier point dont se targue pourtant sans cesse la Généralité de Catalogne… Comme je le disais plus haut, la Cour constitutionnelle espagnole reste un recours important, de même que le TSJC.

Par ailleurs, la Cour européenne des Droits de l’Homme et l’Union européenne (qui s’intéresse dernièrement à la marginalisation de l’espagnol dans le système scolaire catalan) sont peut-être des points d’appui pour les citoyens concernés (qui sont nombreux, je le répète).

FM : Peut-on affirmer, sans risque de se tromper, que l’appareil séparatiste catalan procède à une discrimination linguistique ?

Nicolas Klein : C’est l’évidence même. Les Catalans hispanophones et anti-indépendantistes sont discriminés depuis des années, pour ne pas dire des décennies, par la Généralité de Catalogne, quand ils ne sont pas tout simplement mis au pilori et persécutés.

C’est l’un des éléments qui démontrent la dérive autoritaire croissante du séparatisme catalan, dont les partisans considèrent que la Catalogne est leur apanage (« La rue nous appartient » ou « La télévision sera toujours à nous » sont des slogans récurrents dans leurs rangs) et que les « unionistes » sont des colons, un corps étranger illégitime à expulser ou à faire taire de toute urgence.