20/05/2013

L’esprit libéral sera au centre des prochains combats politiques

famosos_montesquieu-romadhon_byar-ar310.jpgA tord, certains attribuent l’esprit libéral à la culture du business anglo-saxonne. On évoque le XIXème siècle et la Révolution industrielle et américaine ensuite. Plus près de nous (1970-1980), des « leaders» comme Margaret Thatcher* et Ronald Reagan** sont souvent cités.

Cependant, le libéralisme est un courant  de pensée qui émerge déjà au XVIIIème siècle. Montesquieu, en France, pose les bases du libéralisme dit politique dans son célèbre « Esprit des Lois ».

L’essayiste Mathieu Laine, dans son Dictionnaire du libéralisme édité chez Larousse, l’écrit en ces termes : « Il s’agit alors de libérer l’individu de ses entraves, qu’elles soient politiques ou religieuses, et de poser des limites au Pouvoir du tout puissant monarque, qui n’avait que peu d’égard pour le respect des droits fondamentaux de l’individu. Le libéralisme devient un corps de doctrine cohérent et conséquent au siècle des Lumières. »

Le libéralisme qui s’appuie, entre autres, sur la liberté d’entreprendre et la liberté de contracter - mais surtout sans oublier l’obligation d’assumer les portées de ses choix - n’est pas forcément dépendant du régime politique qu’est la démocratie. Pour preuve, l’île Etat de Singapour, dictature « éclairée », fait appliquer par la sanction si nécessaire l’obligation d’assumer alors que dans notre pays – la Suisse – une quantité de managers de multinationales n’ont eu à répondre de leurs actes. Que pensez de ces directeurs de banques qui parce qu’installés avec leur siège à Zurich n’ont pas été inquiétés dans une quantité d’affaires pénales telles que fraude fiscale à grande échelle – organisation de structures ad hoc, faux dans les titres, violation de conventions internationales - ou encore manipulation du taux Libor sur une décennie ?

Ce n’est plus du libéralisme mais plutôt la dérive du « néolibéralisme » à la Thatcher ou à la Reagan qui ont été, à juste titre, contredit par le président démocrate Bill Clinton qui les fustigeait en ces termes « Le marché est sauvage, le gros mange le petit et le rapide tue le lent. Laissez tout faire au marché c’est revenir au Far-West. »

Pourtant, en Suisse et depuis une décennie, la droite politique prédominante qui devrait faire la CVCI.JPGpromotion du vrai libéralisme roule plutôt pour « l’Economie des copains » et pour le néolibéralisme.

C’est pourquoi les prochains combats seront centrés sur la juste redéfinition de ce qu’est le libéralisme et sa responsabilité sociale. J’y reviendrai.

Minder.JPGCet hiver, l’initiative contre les rémunérations abusives (initiative Minder) fut un premier pas. Rappelons-nous que le projet de texte constitutionnel visait principalement à ce que les « financiers de casino » assument les conséquences de leurs choix et ce dans le respect de l’esprit libéral.

De son côté, la dénonciation de la modification de la loi fédérale sur les banques et les caisses d’épargnes (LB) d’automne 2011 – « too big to fail » - qui engage la Confédération à sauver avec les deniers publics les deux grandes banques helvétiques est un second pas nécessaire pour réhabiliter l’esprit libéral. Imaginez un peu ce que nos parlementaires ont laissé passer… Quel aveu d’impuissance face à quelques managers surpayés ? Avoir ratifié un texte anti libéral et anti concurrentiel pareil. Il n’est autre que la « légalisation » de la privatisation des gains par une poignée d’individus – le club – couplée à la collectivisation des pertes.

R.JPGOn ne saurait se réveiller – du moins l'esprit libéral – sans exiger la transparence sur le financement des partis politiques. Les citoyennes et les citoyens de notre pays ont -comme ses différents acteurs économiques – le droit de savoir qui paie les faiseurs d’opinions que sont nos partis politiques. On se souvient de l’aveu du Crédit Suisse Groupe, il y a peu, d'examiner avec attention les votes des parlementaires avant d’allouer leurs dons. Ou encore UBS qui offrit un million de francs, courant été 2012, à quelques partis et avec des conditions bien particulières. On connaît la suite. Les heureux « élus » - PLR, PDC, PBD et vert’libéraux - menèrent la lutte contre l’initiative Minder. Celle-ci même qui menaçait les rémunérations de leurs « bailleurs » de fonds.

Clairement, combattre la « too big to fail » et exiger la totale transparence sur le financement desUBS.JPG partis sont des impératifs pour maintenir notre population dans son rôle de souverain. Pour préserver l’esprit libéral qui élève l’individu vers le surpassement de soi, la créativité et la création de richesse.

Ce développement humain ne peut se faire que dans la responsabilité sociale. Puisque sans un environnement propice et sans les autres il n’existe pas de réussite durable. L’Etat est le seul garant du bien commun et de la protection des plus faibles. Encore faut-il qu’il soit fort et svelte et non « gras » et inefficace.

Etre libéral ou être de droite c’est promouvoir le goût de l’effort, le goût du sacrifice et d’abnégation pour l’élévation de la condition humaine. Ce n’est, en tous cas pas, faire l’apologie des « affaires de copinage. »

Ni de transférer le pouvoir accordé par le peuple au principal profit d'un "club."

 

*Margaret Thatcher a, entre autres, soutenu la dictature de Pinochet au Chili

**Ronald Reagan s’est, également, illustré pas sa déclaration “L’Etat n’est pas la solution c’est le problem”.

Pour autant, la crise financière de 2008 lui a donné tort. C’est l’Etat qui a du venir au secours des financiers en augmentant l’endettement des pays occidentaux de 30% du PIB, en moyenne.

A bon entendeur…

27/01/2013

Le groupe Opération Minder est en marche !

Alors que la précarisation de la classe moyenne est déjà programmée, que le semblant de reprise conjoncturelle qui se dessine en Occident est essentiellement du à l’activation folle et sans précédent de la planche à billets et à des taux d’intérêts maintenus artificiellement et historiquement trop bas, un groupe de Citoyennes et de Citoyens s’est levé. Il s’est indigné. Il est question de Patriotes. Le mouvement identifié, sur la toile, sous le libellé « Opération Minder », est né spontanément sans financement aucun. Avec ce que Phare.JPGpersonne ne peut monnayer… le cœur et le sens du devoir. Il n’y a pas de leader… ce sont toutes et tous des leaders en puissance ! Des femmes et des hommes de toute sensibilité politique et beaucoup d’apolitiques. De toutes confessions, elles et ils ont décidé d’élever le débat de la justice et du respect entre les hommes au-dessus des partis politiques. Le groupe « Opération Minder » a précédé le Comité romand, le Comité tessinois et le Comité national de soutien à l’initiative contre les rémunérations abusives (appelée communément initiative Minder), émanation du mouvement « Peuple contre super bonus » de l’ancien procureur anti-mafia Paolo Bernasconi. Ce groupe qui ne cesse de grandir en Suisse romande souhaite avant toute chose rétablir le peuple dans son rôle de souverain en lieu et place du lobby financier. Si l’initiative contre les rémunérations abusives du sénateur et entrepreneur Thomas Minder est le catalyseur principal du groupe « Opération Minder », il apparaît déjà qu’il ne s’arrêtera pas à mi-chemin. Ces Citoyennes et ces Citoyens à la fois ordinaires mais au combien vaillants et extraordinaires se renforcent à chaque manifestation de mauvaise foi et d’amoralité exprimée par cette poignée de pseudos « bien pensants » qui tentent de leur confisquer ce à quoi on tient le plus… LA DEMOCRATIE.  L’organisation faîtière Economiesuisse et quelques parlementaires en proie au conflit d’intérêt ne cessent de selogo_fr.png discréditer en employant des non arguments et des arguments fallacieux pour soutenir un contre projet qui n’est qu’une enveloppe vide. Vous imaginez le contre projet qui n’est qu’une modification de quelques articles du Code des obligations (CO) dit en substance : « Le top-manager qui a perçu des montants non conformes à ses prestations est tenu de les restituer pour autant qu’il les ait encore. » De qui se moque-t-on ?!

De son côté, le texte Minder n’a pourtant rien d’exceptionnel. Déposé en février 2008, sans cesse saboté depuis, il demande seulement qu’il n’y ait plus de versements anticipés ni de parachutes dorés aux pseudos top-managers de nos sociétés suisses cotées en bourse (elles sont au nombre de 231). Vous savez celles que nous retrouvons dans nos fonds de pension et dans les plans d’épargne jeunesse de nos gosses… pour celles et ceux qui en ont encore les moyens. Parce qu’une société qui entre en bourse pour avoir de l’argent à très bon compte par le biais de notre épargne et nos cotisations retraite se doit d’observer une gestion particulièrement diligente. Est-ce trop demander ? A l’heure actuelle, aucune étude n’a prouvé une quelconque utilité économique de ces parachutes dorés et de ces welcome bonus. Si c’était le cas, on en distribuerait à chaque acteur économique. De l’instituteur, du mécanicien à la coiffeuse en passant par la secrétaire.

Si l’initiative Minder pourrait démotiver un quelconque top-manager de venir travailler dans notre pays, tant mieux et qu’il dégage ! On n’a pas besoin de mercenaire. Celui qui vient en Suisse que pour le welcome bonus et le parachute doré qu’il compte négocier avant même d’y planter un clou… qu’il ne vienne pas !

Krach.jpgEt que l’on ne me traite pas de populiste. Je suis un libéral et engagé pour une économie durable. La manipulation du taux Libor, les subprimes, le blanchiment d’argent, les opérations illégales de compensation, la trahison de ses clients, la livraison en pâture des collaborateurs etc et etc ne sont en rien des actes propices à l’économie durable. Ces faits amoraux sont la conséquence d’un désengagement, d’une irresponsabilité et d’un sentiment d’intouchabilité que la clause pénale prévue dans l’initiative Minder va corriger pour le plus grand bien de toutes et de tous.

Assurément, le groupe citoyen « Opération Minder » va porter la lutte jusqu’à faire passer l’initiative le 3 mars prochain !

 

07/10/2012

Le plan partiel d'affectation de la Longeraie à Morges

Des logements supplémentaires OUI... Mais avec pragmatisme et sens civique c'est mieux !

La présentation du plan partiel d’affectation (PPA) de la Longeraie à Morges, mardi 2 octobre dernier, relève les principes de base à observer pour optimiser les chances de succès d’arriver rapidement à l’implémentation de nouveaux logements. Dans le cas de Morges, la situation n’est pas satisfaisante, du moins, pour l’instant. Mais quels sont ces principes ?

1)      La forme : on doit répondre à une demande précise et urgente par une réponse adéquate, simple et rapide à mettre en place. La demande c’est des logements. La réponse devrait être des logements. photo[1].JPG

        Le PPA La Longeraire nous consacre 1,6 hectares de zone permaculture – nouvelle technique de production agraire qui consiste à diversifier les plantations dans le but de jouir d’une alimentation réciproque entre les espèces. Une grande faiblesse du PPA… personne n’a demandé de permaculture. Tout le monde demande des logements. A croire que les initiants cultivent le doux rêve que les futurs habitants resteront confinés dans leur quartier le week-end à cultiver leur consommation de légumes et n'iront pas à la Coop ni à la Migros distantent de 100 m et respectivement 200 m.

2)      La manière : elle n’est pas respectée et découle du fait qu’une minorité souhaite réaliser une « expérience » ou encore une vue de l’esprit (les Verts et architectes à l’imagination quelque peu trop féconde) au lieu de se concentrer sur l’essentiel… les logements. Les conséquences sont que pour remplir les objectifs fixés de densification on va ajouter des étages aux immeubles prévus pour arriver à des blocs de huit étages où il n’y en a jamais eu. Et comme la notion éducative qui veut que la liberté des uns finit ou celle des autres commence se perd, on place arbitrairement ces édifices de huit étages droit devant les immeubles actuels existants depuis une quarantaine d’années dont les plus hauts s'arrêtent à six étages.

3)      L’intégration : l’implémentation de nouveaux logements doit s’intégrer dans l’environnement actuel et non le contraire. Encore mieux, revaloriser une zone. Le terme d’intégration implique également intégrer les habitants actuels qui accueilleront les nouveaux tôt dans le processus de réflexion. L’harmonie et la préservation du bien commun sont à ce prix.

Partout ailleurs dans le canton, les autorités et autres architectes seraient bien inspirés d’appréhender ces trois principes : la forme, la manière et l’intégration.