14/01/2016

Terrorisme - Préparons-nous au pire !

12369147_923240661091548_8544780385606984538_n.jpgEn Suisse, à l'époque encore récente de l'Armée 61, le dicton : "Si tu veux la paix, prépare la guerre" était non seulement populaire mais qualifié de patriotique. Aujourd'hui, le prononcer vous expose à vous faire taxer de facho. Certes, principalement par un pseudo courant de pensée "gauche-bobo" se trouvant plus dans l'apparence que dans l'être.
Quoi qu'il en soit, le juge français Trévidic a probablement raison. Nous devons nous attendre au pire, en matière de terreur. Comme technicien, éprouvé, reconnu et renommé, il le martèle depuis des années. Et dans l'Hexagone voisin ce n'est pas, dans l'immédiat, le Front National (FN) le péril de la nation mais bien ce terrorisme lâche, gratuit et diffus qui a pris l'islam en otage.
On ne le répétera jamais assez. Le terrorisme est une industrie. Il utilise souvent les mêmes réseaux et filières que le grand banditisme. Les individus qui en vivent ne sont pas ceux qui se sont faits exploser au Bataclan ni ceux qui ont détourné les avions à New York.
Lancer des avions de civils contre des immeubles remplis d'autres civils est assez symbolique et assez symptomatique de la période que l'on vit. Celle du capitalisme sauvage et du consumérisme névrotique. Une part de la population assouvi ses névroses diverses - jusqu'au voyeurisme - au détriment de l'autre part qui est alliénée, pour des raisons économiques. Comme pour le crime organisé, les valeurs morales cardinales ont disparues sur l'autel du marketing et de la chose. On peut alors parler du Mal. De l'intelligence sans amour.
Dans cette logique, les attentats du mardi 11 septembre 2001 risquent d'être un record du sensationnalisme de la terreur à battre. Du moins, à égaler. L'organisation terroriste / criminelle que nos médias simplificateurs et paresseux de la pensée unique nomment l'État Islamique (EI) en a les moyens. Responsabilité peut être attribuée à nos politiques de droite comme de gauche qui demeurent si bienveillants fasse à la manne de pétrodollars qui se déversent régulièrement dans nos capitales européennes. L'argent n'a pas d'odeur. Ces mécènes si "généreux", qu'ils soient saoudiens, qataris, algériens, marocains, égyptiens, soudanais, pakistanais ou londoniens manifestent les mêmes largesses au profit des islamistes auto-proclamés - dans le but de s'acheter une bonne conduite "pieuse" et d'être épargnés - qu'auprès de nos clubs de foot, fondations, collectivités, sociétés actives dans le luxe et de notre sytème financier malade de la gangrène.
Un autre échec cuisant de l'Occident est d'avoir démissionné dans sa lutte contre les criminels - les leaders de l'EI sont des repris de justice et des criminels de droit commun dans leur pays d'origine - qu'il a lui-même armé et financé. Il a laissé la place au "dictateur sanglant" Vladimir Poutine qui s'inscrit alors comme sauveur de la chrétienté et de nos valeurs occidentales ! Quelle mascarade ! Force est de reconnaître que l'armée "impériale" poutinienne obtient des résultats. Au prix d'exactions humaines dont nous n'allons pas tarder à découvrir l'ampleur. Les Russes ne font pas dand la dentelle. Distinction n'est pas faite entre les "rebelles" terroristes et ceux que nos élus occidentaux cataloguent de modérés ou même de fréquentables. Qui a tort ? Nous avons décidément perdu le contrôle du monstre ou plutôt des monstres.
Et nous aurions tort de nous assoir sur le vaillant combat au sol des armées kurdes de Syrie et d'Irak. Parce que les Kurdes, à juste raison, roulent à présent pour eux. Comment peuvent-ils faire encore confiance aux diplomaties occidentales qui les ont si souvent lâchées, déjà depuis les accords de Lausanne de 1930, avec la Turquie moderne ? Que pensez de cette dernière ? Les islamistes corrompue au pouvoir à Ankara achètent sous cape leur pétrole à l'EI. Ils commercent aisément toutes quantités de choses du cotons, des armes, des devises. Parce qu'on l'oublie mais ceux qui vivent et s'enrichissent du "terrorisme" le font grâce à des zones de non droit - Syrie, Irak, Libye, une partie du Liban et les territoires palestiniens occupés. Aussi en utilisant nos réseaux financiers et commerciaux.
Pour ça, il faut encore une doctrine et une pensée unique dominante. Elle doit être dualiste. Elle doit offrir une raison d'être. Le bien contre le mal ou une religion contre une autre. Un climat infra guerrier est nécessaire pour embrigader, recruter et rendre légitime tout les crimes de droits communs tels que le rapt, le chantage, le vol, le meurtre etc et etc. Le tout étant validé par la "noble cause". Ce que d'autres appellent la Raison d'État. Bref, tout ce qui permet de vivre sans devoir aller au bureau, à la mine ou sur un chantier. Que l'on ne s'y méprenne guère. Nous n'avons pas à faire à des travailleurs. À l'ère de la toute puissance de la communication, nous nous rendons complices du crime en utilisant les mêmes chemins que depuis septembre 2001. En restant prisonnier de l'image du méchant "djihadiste-islamiste" qui veut s'en prendre au mode de vie d'Occidental décadent, comme par simple vue de l'esprit. Rien n'est gratuit. La terreur permet de financer d'autres activités. La réalité est plus complexe. Les Saoudiens sont à l'origine de la doctrine belliqueuse ayant servi de moteur aux assassins de Paris mais les politiques et industriels français vendent pourtant des avions de combat au Royaume. Ce dernier les utilise alors contre son petit et isolé voisin le Yémen. Autre guerre sale qui permet d'enrichir et de gagner du temps contre l'irréversible faillite des Saoud. Les acteurs sont nombreux. Les intérêts le sont aussi. Bien entendu, nous arriverons à bout de la pieuvre. Toutefois, dans ses derniers retranchements, elle nous frappera encore de plus en plus fort. Elle est perverse et hautement narcissique. Et au final, si nous continuons à fonctionner de la même manière que depuis la chute des tours, elle sera remplacée par une autre pieuvre.

07/12/2015

L'exploitation actuelle d'UBER relève de la concurrence déloyale.

imagesXUK2FJDI.jpgEn marge de la manifestation de ce mercredi 9 décembre 2015, à la place de la Riponne, des chauffeurs de taxis lausannois, renforcés par leurs collègues genevois, il est utile de rappeler certains principes du libéralisme.
Le système "UBER" qui nourrit ses actionnaires outre atlantique en précarisant notre main-d'oeuvre locale est une expression de plus d'un capitalisme sauvage "ni foi, ni loi."

Il agit comme un parasite. En exploitant ce qui est à son profit exclusif. Ce n'est pas du libéralisme. Ce dernier postule pour l'élévation de l'individu, dans le goût de l'effort, de la remise en question et de la création de valeur.

Tout en restituant à son environnement une part substantielle du fruit de son travail. Parce qu'il n'y a pas de réussite durable en tout seul. On participe toutes et tous à un ensemble. Tout est question d'équilibre.

La stabilité et le niveau qualitatif de l'environnement - régulation gérée par un État fort et ultime garant du bien commun- sont indispensables à la fructueuse expression du libéralisme.

Pour en revenir à "UBER", l'organisation évolue, à armes inégales, sur le marché des taxis. Elle ne paie pas les charges sociales ni les impôts perçus auprès des compagnies de taxis traditionnelles.

Elle n'est pas soumise aux mêmes contraintes réglementaires - obtention du permis taxi, contrôle des heures de repos, collaboration prudentielle avec la police etc et etc.

Elle ne doit pas non plus se procurer une flotte de véhicules puisqu'elle emprunte une infrastructure déjà existence. La traçabilité, le professionnalisme et le collaboratif de ses chauffeurs avec l'autorité ne sont plus au rendez-vous et encore moins mesurables. 

Aussi, l'exploitation en sa forme actuelle d'UBER relève plus de la concurrence déloyale et de la cannibalisation du marché du travail sur l'autel de la maximisation des profits que d'une évolution économique durable.

18/09/2015

NOS BANQUES S’ADAPTENT, MAIS A QUEL PRIX HUMAIN ?

rba-image-1112575.jpgIl y a encore peu, paraissait un article intitulé « Cinq ans de crise, toujours autant de banquiers », signé par Sébastien Dubas, journaliste chez "Le Temps".

Il nous paraît important, en complément des éléments purement factuels, d’évoquer ce que le tremblement de terre que vit le secteur financier suisse signifie pour les collaborateurs au quotidien. Ceci dans le contexte de l'étape pénible de l'abandon du secret bancaire passée.

Tout d’abord, comme le souligne l’article, si la photo aujourd’hui donne une image deFullSizeRender (4).jpg stabilité des effectifs, cela ne signifie pas que la situation ne pourrait pas se dégrader, bien au contraire. La guerre est loin d’être finie, et les batailles s’enchaînent, laissant craindre des conséquences fort négatives sur l’emploi, différées dans le temps.

Les employés du secteur le savent et la plupart d’entre eux ressentent la peur du lendemain.

Au quotidien, la vie a drastiquement changé : une pluie de directives, la plupart d’entre elles lourdes et compliquées, ne cesse de s’abattre sur eux, avec une force hallucinante.

Une part de plus en plus importante du temps de travail est consacrée à des tâches de « reporting » et de contrôle. Tout doit être justifié, documenté et avalisé par les échelons hiérarchiques, eux-mêmes contrôlés par les services internes de surveillance : compliance, legal, audit, risk-control etc… L’atmosphère est résolument à la suspicion et à la méfiance.

Sans compter que certaines directives, uniquement destinées à justifier la mise en place de mesures voulues par le régulateur, frisent parfois le ridicule, décrédibilisant ainsi l’ensemble.

FullSizeRender (5).jpgLes conseillers à la clientèle doivent en outre passer des batteries de tests et de certifications, certaines étant d’une lourdeur et d’une complexité telle qu’à peine l’examen passé, il leur est difficile de les interpréter et appliquer sur le terrain, sans compter que l’échec à certains tests peut avoir des conséquences irrémédiables, y-compris pour des conseillers actifs depuis plusieurs décennies dans le secteur.

Comme l’évoque également l’article, un échange entre les métiers a lieu et les emplois dans les services juridiques et compliance prennent le relai.

Quand bien même ces fonctions sont destinées à l’origine à aider les conseiller à ne pas commettre de faux pas, cette évolution est significative de l’époque et dénote très clairement un glissement  vers des structures de type Etat-policier, ce qui n’est jamais bon pour l’ambiance générale et le moral du commun des mortels.

Surveillance et contrôles renforcés allant naturellement de pair avec répression et punition, les directives contiennent quasi systématiquement les menaces qui planent en cas de non- respect. Quand on sait la complexité du métier et la multitude d’actes entrepris par un conseiller ou un cadre au quotidien, les risques mathématiques de trébucher sont élevés, renforçant ainsi la peur qui règne.

Notons que le risque encouru consiste non seulement à perdre son emploi, ce qui est déjà sérieux, mais il est également possible de se voir traduire en justice, qui plus est pour des faits remontant à plusieurs années en arrière.

Et, pour corser le tout, afin de compenser l’augmentation drastique des coûts de fonctionnement dérivés de l’évolution décrite, les exigences de performance n’ont cessé d’augmenter, plaçant les collaborateurs et leurs chefs dans un piège redoutable.

Tout ceci pour dire que si notre industrie financière s’efforce, avec beaucoup de mérite, de prendre les virages, parfois à 180 degrés, qui lui sont imposés, ce n’est pas sans conséquences pour les êtres humains.

Il semble que la profession figurant à la première place du classement des pourvoyeurs de cas pour les psys soit celle de banquiers. Burn-out et autres maladies dérivées du mal-être viennent alourdir les coûts de la santé, et le monde financier y apporte une contribution non négligeable.

Il serait tentant de relever que les employés de banques sont des enfants gâtés, bénéficiant de salaires bien au-dessus de la moyenne.

S’il est vrai que cette industrie a clairement exagéré et qu’une remise à niveau fera du bien, il est important de ne pas perdre de vue que tous les employés n’ont pas bénéficiés de rémunérations se comptant en centaines de milliers de francs, voire en millions, loin s’en faut.

Il n’est en outre dans l’intérêt de personne, ni des collectivités publiques, ni de l’économie en général, que l’une des principales composante de notre prospérité se trouve mal en point.

Il est vrai que bon nombre de ses représentants ont gravement fauté, et ils le paient très cher aujourd’hui, mais l’acharnement n’apportera rien de bon.

Un état de déprime permanent des collaborateurs d’un secteur si important constitue non seulement des coûts pour la santé, supportés par tous, mais nuira finalement à la compétitivité des entreprises concernées.

Il est vital que les acteurs politiques et les instances de régulation du secteur s’en soucient.

Pour une Suisse forte, on ne saurait ne pas soutenir notre place financière en lui permettant de faire jouer se qualités propres : sécurité, efficacité, compétences multiples.